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20 ans après la polémique, la pyramide du Louvre est victime de son succès

Souvent villipendée avant son inauguration, le 30 mars 1989, aujourd’hui plébiscitée, la pyramide du Louvre connaît un engouement tel, qu’elle ne suffit plus à canaliser l’énorme flux de ses visiteurs.

Ce succès devrait être plus éclatant encore tout au long du mois d’avril, véritable ode à l’oeuvre de son architecte, le sino-américain Ieoh Ming Pei, sous forme de manifestations en tous genres pour cet anniversaire.

Nocturne musicale le 3 avril, projection de l’oeuvre “Xenon for Paris” de l’artiste américaine Jenny Holzer sur la pyramide, du 7 au 10, journée-débat en hommage à I.E. Pei, le 8, soirée “Faces à faces” avec Jenny Holzer, le 10…

Le président-directeur du Louvre Henri Loyrette, pour qui “la pyramide a signé l’entrée du Louvre dans la modernité”, lancera, le samedi 4 avril, la gratuité pour les 18-25 ans, faisant écho à cette contemporanéité.

“Lorsqu’on demande aux primo-visiteurs ce qu’ils viennent voir au Louvre, la réponse est généralement: +la Joconde, la Vénus de Milo et la pyramide+, relève-t-il dans un entretien avec l’AFP. L’oeuvre de Pei a accédé au rang de chef d’oeuvre et intégré le patrimoine du musée”.

Le polyédre qui élève, à 21,65 m au-dessus du sol, ses 95 tonnes d’acier, 105 tonnes de châssis aluminium vitré, 673 losanges de verre, et qui occupe une surface à la base de 1.000 m2, n’a en outre pas pris une ride.

“Le problème, note Henri Loyrette, vient de ce que la pyramide posait le principe d’une entrée unique et centrale. Une entrée qui pouvait recevoir une fréquentation estimée à 4, 4,5 millions de visiteurs, ce qui était déjà un progrès considérable par rapport aux 3 millions d’alors”.

“Or, le Louvre compte aujourd’hui 8,5 millions de visiteurs. C’est bien plus que prévu, en regard des services proposés sous la pyramide -billetterie, information, vestiaires, toilettes- maintenant très insuffisants”.

“Les files d’attente devant les pôles de billeterie, qui polluent en quelque sorte une atmosphère qui devrait être consacrée à l’accueil et l’information, renforcent cette impression de hall de gare ou de salle des pas perdus”.

L’immense puits de lumière distribuée sous la verrière avait connu ses limites, au printemps 1998. A la suite du vol d’un tableau de Corot, les visiteurs, confinés dans le hall et dans un vacarme réverbéré par la minéralité du verre et le marbre, n’entendaient aucune des consignes par haut-parleurs.

Depuis, le Louvre a remédié au problème de sonorité. Reste à délocaliser les fonctions de billetterie, multiplier les stations d’accueil, et diversifier les entrées en fonction des catégories de visiteurs.

Le chantier billetterie “balance entre deux possibilités d’implantation”. Par ailleurs, 23 stations d’accueil, réparties dans un palais à la distribution complexe, permettra, à l’horizon 2017, d'”aider le visiteur aujourd’hui livré à lui-même”.

Enfin, le “projet pyramide”, annoncé il y a un an, prévoit la création d’une entrée réservée aux groupes, qui se ferait à travers le Hall Charles V (à l’ouest du musée), délestant d’un tiers le flux des visiteurs entrant habituellement par la pyramide.

Un défi. “Nous savons, reconnaît Henri Loyrette, que la grande majorité des visiteurs veut passer par la pyramide. Il y a une sorte de rituel initiatique qui marque l’entrée dans le Louvre”.

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