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4 000 mètres carrés de chocolat à New York

Sans sucre, praliné, noir, bio, au thé vert…  Découvrez les grandes tendances cacao de la rentrée avec le Chocolate Show de New York où se produisent encore ce week-end  80 exposants venus du monde entier..

A quelques heures de l’ouverture des portes du Chocolate Show au Metropolitan Pavillon, Sylvie Douce, son organisatrice confiait : « Ca à été chaud, c’est le cas de le dire ! Nous avons monté le salon en une nuit et une matinée : 4000 mètres carrés de chocolat. Nous comptons bien sur l’appétit des New-Yorkais ! »

A l’occasion du lancement du salon, commençait jeudi soir l’incroyable défilé de robes chocolatées.« Il y a des points communs entre le travail d’un créateur et celui d’un chocolatier. Dans les deux cas, on parle de robe, de collection, raconte Sylvie Douce. On parle même de l’enrobage d’un chocolat ». De cette association entre les ateliers de coutures et les fourneaux, des créations superbes et éphémères ont vu le jour, sous les yeux éblouis des invités qui en avaient l’eau à la bouche :  « Queen of the sun » de la maison E.Guittard, «  la Sirène », de la chef chocolatière Vanessa Greeley ou encore « What glitter is Green », du chef pâtissier Zac Young, qui donnait ainsi la touche bio, grand invité de cette rentrée gourmande. Le thé vert, les graines de lin et les céréales apparaissaient un peu partout, preuve que le chocolat est citoyen du monde désormais, il s’orne des tendances venus des cinq  continents et propose un retour aux sources.

Cette année, le salon est aussi l’occasion d’observer avec curiosité les différences de goût entre France et Amérique. Le chef Guy Roux, qui vient présenter pour la première fois son chocolat 100% sans sucre explique : « J’ai l’impression que les Américains aiment beaucoup le sucre. Au départ ils ont une légère réticence à goûter, et puis ils sont emballés. Comme le sucre adoucit le goût, il atténue aussi les arômes. Là, on retrouve des vraies sensations. » Un peu plus loin, François Pralus qui est implanté à New York depuis quelque années, expose ses pyramides de chocolats grands crus et sa Barre Infernale,  « un praliné maison, fourré de noisettes du Piémont et d’amandes d’Espagne ». Curieusement, sa plus grosse vente aux Etats-Unis est un chocolat 100%  cacao, sans sucre. « Comme toujours, fait-il remarquer, lorsque les Américains se mettent à faire quelque chose, ils le font complètement, et deviennent de grands connaisseurs de chocolat ». Ce chocolatier, qui possède sa propre plantation de cacaoyer à Madagascar, propose un chocolat dont les fèves sont sélectionnées parmi les meilleurs plantations du monde, soucieux d’être au plus proche de toute la chaine de fabrication.

Vanessa Barg, une jeune chocolatière américaine présente sur le salon, a été séduite par la manière dont François Pralus envisage son métier. Spécialisée dans la préparation d’un chocolat « cru », elle a décidé, il y a quelque mois, de se perfectionner aux côtés de ce maître chocolatier qui travaille à la source . « En général, la cuisson des fèves est nécessaire pour faire apparaitre les saveurs. Moi je ne les fais pas cuire du tout, nos fèves sont à l’état naturel, comme dans la cabosse, et gardent ainsi toutes leurs vitamines. C’est la même différence entre une carotte crue, cuite ou en conserve. Le panel des saveurs et des valeurs nutritives est très large. »

Comme le souligne Pierre Hermé, en week-end à New York, et qui fut l’un des premiers participants du salon à Paris :  «  Le chocolat peut vraiment être abordé sous plusieurs angles, celui de la gourmandise, de la santé, de la beauté… » Aujourd’hui, il rend visite à ses confrères et vient découvrir les surprises qu’apportent cette nouvelle escale du Chocolate Show : « J’aime beaucoup les chocolats de François Payard et de Jacques Torrès, des chocolatiers plus classiques, mais ce que j’aime aussi beaucoup ici c’est le côté débridé des créations, comme la cacahuète que l’on n’utilise pas beaucoup en France. Ici ils sont très friands de gourmandises, et j’aime bien ça ! »

Avec quatre-vingts exposants dont une quinzaine de Français, le salon bat son plein dès le premier jour d’ouverture. « Il y’a de la place pour tout le monde, et les Etats-Unis sont un potentiel extraordnaire. Le chocolat est un formidable trait d’union entre l’Europe et les Etats-Unis », rappelle Sylvie Douce. La crise ? « Nous n’avons jamais eu autant de visiteurs à Paris cette année, plus les gens vont mal, plus ils mangent de chocolat ! Nous allons voir si la règle s’applique aussi à New York ! ».

Le Chocolate Show se termine dimanche soir.

Infos pratiques:

http://newyork.salon-du-chocolat.com/accueil.aspx

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