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9/11 : Bruno Dellinger, le miraculé des tours

Seul rescapé parmi les Français présents dans les tours le jour des attentats, Bruno Dellinger ne s’est jamais vraiment remis de la tragédie du 11-Septembre. Très attaché au symbole du World Trade Center, il n’attend aujourd’hui qu’une chose : réinstaller ses bureaux dans la nouvelle tour.

8h30, New York, le 11 septembre 2001. Bruno Dellinger s’installe dans les bureaux de sa société Quint Amasis, situés au 47e étage de la tour nord du World Trade Center. Tout juste revenu d’un voyage en Europe, il souffre du décalage horaire et arrive donc plus tôt que d’habitude. Seize minutes plus tard, et alors que deux de ses employés l’ont rejoint dans les locaux, un bruit assourdissant accompagné d’intenses vibrations frappent le building. Sans l’ombre d’un doute, Bruno Dellinger pense qu’un avion vient de s’encastrer dans la tour. Il a en mémoire le crash accidentel d’un bombardier sur l’Empire State Building en 1945. “Bêtement, j’ai dit mes collègues : ‘Don’t worry, it’s a plane’. Je craignais surtout qu’on perde plusieurs jours de travail”.

Pendant que ses employés quittent les bureaux, Bruno Dellinger effectue une sauvegarde informatique. “Je n’étais pas effrayé. J’ai remis en place ce qui était tombé par terre, j’ai répondu à quelques coups de fil. J’ai commencé à m’inquiéter quand j’ai pris les escaliers pour descendre, et que j’ai vu les plafonds qui tombaient”. Le choix des escaliers va s’avérer déterminant. Face aux deux sorties de secours, Bruno Dellinger privilégie celle qu’on lui a conseillé de prendre, pas celle qu’empruntent les autres personnes de son étage. Après 50 minutes de descente, le français est en bas. Ceux qui ont pris l’autre escalier au même moment n’atteindront jamais le lobby du World Trade Center.

Tout juste sorti du bâtiment, il traverse Church Street quand la tour 2 s’effondre. “Ça été un choc psychologique inimaginable. Cette tour me donnait une impression de solidité, jamais je n’aurais pu penser qu’elle pouvait s’écrouler. Ça dépassait l’entendement”. Bruno Dellinger se réfugie alors derrière un pilier de la banque Chase. Puis tout devient sombre. “C’était plus noir que la nuit. Il n’y avait pas de bruit car le nuage était tellement épais que le son ne passait pas. Mon corps était convaincu que j’étais mort”. Un sentiment qui va habiter Bruno Dellinger pendant des mois. “J’ai eu très peur de devenir fou.” Heureusement pour lui, un officier du FBI va lui ouvrir la porte d’entrée de la banque, dans laquelle le Français s’abrite pendant une heure.

La volonté de revenir au World Trade Center

Les tours sont tombées, mais Bruno Dellinger est toujours debout. Il commence alors une pénible marche jusqu’à chez lui, vers Union Square. Je n’avais qu’une envie, c’est qu’on me prenne dans les bras et qu’on me dise ‘it’s okay’. Mais personne ne m’approchait parce que j’étais couvert de poussière. Je ressemblais à un fantôme.” Le Français ne s’est jamais vraiment remis de cet événement. “On parle souvent de la chance du survivant. Mais dans les jours qui ont suivi, j’aurais préféré être mort.”

Incapable de tirer un trait sur ces souvenirs marquants, Bruno Dellinger est retourné en France en 2008. Souvent à New York pour son travail, il espère être présent lors des cérémonies du 11 septembre 2011. Et il n’abandonne pas l’idée de relocaliser son entreprise dans le nouveau World Trade Center, lorsque les travaux seront terminés. “J’ai envie de braver la stupidité de gens qui ont commis ces actes. Leur montrer qu’ils ont détruit des vies, mais qu’on est toujours là.”

  • Bonjour Mr Bruno,
    Je viens de suivre votre témoignage sur BFM TV, je vous ai entendu parler de DIEU. Croyez vous vraiment que Dieu est pour quelque chose dans votre vie dans ce cas précis? En fait, je voudrais savoir si vous êtes chrétien et si vous vivez de votre foi. Excusez moi de toutes ses questions, mais sincèrement, j’ai été touché par votre témoignage. En fonction de votre réponse à mes questions, j’aimerais bien avoir un entretien avec vous. Bonne nuit et à très bientôt Dieu aident.

  • J’ai été marqué par votre témoignage surtout quand vous avez fait mention de DIEU dans la vie sauve que vous avez eu. Voilà pourquoi je voudrais savoir si vous vivez vraiment de votre foi.

  • Avez-vous envie de braver la stupidité des gens qui ont tué des millions d’irakiens avant et après ces attentats ? Des centaines de milliers d’enfants morts faute de soins à cause du blocus des années 90 ? Ça vous n’en avez rien à faire… et c’est lamentable.

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