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À Chicago, les chefs d’établissement d’écoles franco-américaines préparent l’avenir

Les chefs des établissements scolaires bilingues ou internationaux regroupés sous la bannière de l’Association of French-American School in North America se sont réunis début février à Chicago à l’occasion de leur 25e colloque. Au programme, le vaste sujet de l’éducation au XXIe siècle et l’occasion de réfléchir à un nouveau modèle de développement financier durable pour leurs écoles.

Trois questions à Benjamin Orillon, proviseur du Lycée Louis Pasteur de Calgary et président de l’AFSA .

Dans quel but l’AFSA a-t-elle été créée ?

Cette association réunit depuis sa création en 1984 des chefs d’établissements bilingues ou internationaux. Nos colloques permettent de réfléchir aux problématiques autour des aspects opérationnels spécifiques aux écoles françaises en Amérique du Nord. L’association répond aussi au besoin de mettre en commun des informations sur les programmes, le recrutement. Et il y a bien sûr le plaisir de se retrouver…

Quels sont les thèmes qui ont été le plus souvent discutés depuis que vous êtes président de l’association ?

Les problèmes liés à la crise économique ont certainemement exposé de très grandes inquiétudes. L’association a parfois été aussi un forum de débats comme lors de l’annonce l’an dernier par l’Agence de l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) d’une contribution sur les frais de scolarité pour les établissements de son réseau. Et puis on a beaucoup traité le sujet de la gouvernance, c’est à dire de la relation d’un

chef d’établissement avec le conseil d’administration. Une relation forte par essence mais aussi très délicate (ndlr, dans les écoles homologuées, c’est le conseil d’administration qui recrute le proviseur). En principe le conseil d’administration s’occupe du stratégique et le chef d’établissement de l’opérationnel. Mais ce n’est pas toujours aussi simple que cela. Il arrive aussi que les chefs d’établissement aient plus d’expérience dans le monde des organisations à but non lucratif tandis que les membres du board viennent du monde de l’entreprise où les données sont différentes. Tout cela, il faut apprendra à le gérer.

Le thème du colloque est « Le défi du futur, l’école du XXIe siècle ? Quel défi en particulier attend les écoles françaises à l’étranger ?

Une des conférences proposée par Anne-Marie Kee, directrice du Canadian Educational Standard Institute s’intitulait « La gouvernance du XXIe siècle », qui était un « remue-méninges » autour des frais de scolarité. On ne peut plus compter dans les 50 ans à venir sur une augmentation aussi constante des frais de scolarité pour financer nos établissements. Cette conférence a démontré qu’il fallait trouver un autre modèle économique afin d’assurer leur développement durable d’un point de vue financier. La réponse, ce sont des levées de fonds plus performantes ou des endowments. On parle de montants très importants. Certains établissements ont déjà mis en place ces fonds bloqués qui peuvent générer des intérêts utilisés de manière opérationnelle. Mais la plupart ont du mal à construire une culture de la philanthropie aussi importante que celle de leurs équivalents américains.

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