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Affaire Alstom : le gouvernement français fait une crise d’antiaméricanisme

EDITO. Le fabricant français de turbines, Alstom, est en panne depuis des années : plus cher que ses concurrents sur le marché mondial, ses produits n’ont rien de spécifique. L’Américain General Electric propose de le racheter, seule manière de sauver Alstom. Horreur dans la gauche française ! Le gouvernement et le Parti socialiste décrètent que cette entreprise représente un intérêt stratégique pour la France : lequel ? On ne sait pas.

Mais on admet aussi à l’Elysée qu’Alstom ne peut survivre seul : on démarche donc l’Allemand Siemens qui avec General Electric se partage le marché mondial. Pourquoi Siemens puisqu’Alstom avait choisi General Electric ? C’est que Siemens n’est pas américain : on préfère au sommet de l’Etat français se réconcilier avec l’ex-ennemi allemand plutôt que de pactiser avec l’éternel rival américain.

Nous sommes là dans un intéressant jeu de symboles qui n’a rien à voir avec l’économie. Car en économie de marché, le gouvernement n’a pas à intervenir dans les cessions d’entreprises ; il n’a d’ailleurs pas les moyens réels de s’y opposer. Le signal ainsi lancé par l’Etat français est-il le bon, alors même qu’on essaie d’attirer en France des investissements étrangers ? On ne s’étonnera pas que les créateurs d’entreprises évitent la France et ses gouvernements imprévisibles.

Et le principe de base de la croissance n’est toujours pas compris à Paris : pour qu’une économie se développe, il faut bien que des entreprises disparaissent pour que d’autres se créent. S’opposer à ce processus dit de la destruction créatrice, c’est se condamner à l’immobilisme, à la croissance zéro et au chômage permanent. Au moment où un nouveau Premier ministre répète le mot “Réforme”, il conviendrait qu’il réforme d’abord sa compréhension de l’économie.

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