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Alceste, un opéra en version française au Lincoln Center

The Collegiate Chorale chantera en français Alceste, opéra de Gluck, le 26 mai au Lincoln Center. Cette représentation se déroulera avec le New York City Opera Orchestra et la soprano Deborah Voigt. Pour se préparer, les choristes ont reçu l’aide de Thomas Grubb, un expert en diction française.

Alceste, opéra écrit par l’Autrichien Christoph Willibald Gluck, a vu le jour à Vienne en 1767. Le compositeur, qui a beaucoup œuvré pour réformer l’opéra, a ensuite rejoint son ancienne élève Marie-Antoinette à Paris. Il y a composé une nouvelle version d’Alceste en 1776.

C’est cet opéra que La Collegiate Chorale de New York a choisi d’interpréter le 26 mai au Lincoln Center. L’histoire retrace la lutte et le triomphe, dans la Grèce mythologique, de la reine Alceste et son mari, le roi Admète, contre les déités infernales. L’angoisse est perceptible dès le début de l’opéra quand le chœur chante : « Ô, Dieux ! qu’allons nous devenir ? ». Mais la difficulté pour beaucoup de choristes, fut de traduire le texte en français. « Je peux entendre les sons mais ça n’aide pas ma bouche à les faire », regrette Janet Pascal (alto). « Je suis très habituée à chanter en latin ou allemand. Mais la technique requise pour chanter en français est différente des autres langues. » Don McComb (basse) approuve. « Ce sont les voyelles françaises qui me tuent. »

Thomas Grubb, professeur de diction et de répertoire vocal français depuis 24 ans à la Juilliard School, en sait quelque chose. Diplômé de français et pianiste, il a vécu longtemps en France. Pendant la première répétition, il s’ est exclamé : « Je pourrais être sourd et en regardant vos bouches, je pourrais quand même voir que vous ne prononcez pas le français comme il faut. » Il s’explique : « Les gens ne savent pas qu’ils ont des lèvres. Ils ont des lèvres américaines paresseuses. »

Coacher 150 personnes en peu de temps ne fut pas évident. « Je dois leur montrer comment se servir de leurs lèvres et comment placer leurs langues. Beaucoup d’Américains ne prononcent pas leurs voyelles, les consonnes non plus. » Pour faciliter l’apprentissage, Grubb a distribué une feuille d’« Exercices oraux pour chanter en français » avec une liste des 15 sons voyelles, les 3 semi-consonnes et les 18 consonnes.

The Collegiate Chorale a l’habitude de chanter dans d’autres langues. Les choristes ont même chanté récemment La Pucelle d’Orleans de Tchaïkovski en russe, sans problèmes. Et pourtant le français semble leur donner plus de mal. L’hypothèse de Thomas Grubb : « J’ai toujours dit qu’un peu de connaissance est une chose dangereuse. Les gens ont appris un peu de français à l’école mais pas très bien. Je préférerais travailler avec des gens qui n’ont aucune connaissance. »

Ce n’est pas le cas d’Al Daniel (basse) qui a étudié le français. « Mais le prononcer exactement comme il faut, n’est pas facile. J’écoute régulièrement un enregistrement en français sur mon ordinateur. » Les rares francophones de la chorale n’ont pas ce problème. Rima Ayas (ténor), est libanaise et a suivi des cours dans une école française. Elle aime le style classique du XVIIIe siècle.

Susan Shine (soprano), présidente de la Chorale et francophile, a apprécié l’expérience. « Ça a été très agréable de pouvoir utiliser mon français et de faire de la musique ». Elle souligne les ambitions de la chorale : « On s’attaque souvent à des œuvres que d’autres n’osent pas présenter, même avec les meilleurs solistes, orchestres et chefs d’orchestre. »

George Manahan, chef d’orchestre attitré du New York City Opera Orchestra, dirigera cet opéra en version concert.

Infos pratiques :

Alceste
le 26 mai
20 h au Jazz at Lincoln Center’s Rose Theater

www.nycopera.com

www.collegiatechorale.org

 

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