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Alix Grès ou l’allure discrète

Une exposition à New York au Fashion Institute of Technology rend hommage à la couturière française disparue en 1993.

On l’appelait le “sphinx de la mode” car elle vivait à l’écart, ignorant le culte de la personnalité qui, si souvent, séduit les couturiers. Sa mort, le 24 novembre 1993, dans le Sud de la France ne fut rendue publique qu’un an plus tard, par sa fille, en décembre 1994! Aujourd’hui le Fashion Institute of Technology à New- York rend hommage à Madame Grès, cette grande dame de la mode si connue pour ses plissés de déesse grecque.

J’avais écrit une thèse sur Madame Grès et la directrice de la mode au FIT, le Dr Valerie Steele m’a proposé d’en faire un livre et d’organiser cette exposition. Il y avait déjà eu une grande rétrospective au Metropolitan Museum en 1994, mais mon approche est un peu différente“, explique Patricia Mears, conservateur de l’exposition et auteur de Madame Grès : Sphynx of fashion (University Press).

À travers 70 modèles présentés, l’exposition rend compte du savoir-faire de cette couturière hors pair née à Paris en 1903 et qui lance sa maison en 1940. “Elle était très inspirée par Madeleine Vionnet. Comme pour elle, l’art de la couture était dans sa technicité, dans la construction, à la différence d’une Coco Chanel par exemple qui va imposer sa vision personnelle de la mode. Il n’y a pas d’équivalent de Madame Grès au XXe siècle.” Les Américaines ont beaucoup acheté les collections de Madame Grès ce qui explique la richesse des collections des musées américains. C’est aussi pour cela que l’on peut rendre compte dans cette exposition de la diversité de son travail. “Elle est connue pour ses robes longues plissées, mais a aussi dessiné des manteaux, des robes courtes ou des tailleurs. Au fond, au fil des années, cette couturière à la longévité exceptionnelle a développé un vrai style.” ajoute Patricia Mears, dont le modèle favori est une robe en faille de soie noire des années 60 baptisée Turandot.

Ce n’est pas un modèle sexy, mais sa construction sophistiquée avec la superposition de trois panneaux de soie anoblit le vêtement.” Madame Grès inspire-t-elle aujourd’hui encore les couturiers? “Ralph Rucci, par exemple, qui a eu le privilège de la rencontrer dans les années 80, parle d’elle comme d’un modèle. C’est le paradoxe de cette femme discrète d’être toujours présente, aujourd’hui“, conclut Patricia Mears. Face à la médiatisation des couturiers, Madame Grès apparaît comme un véritable antidote.

 

Madame Grès: Sphinx of Fashion
Jusqu’au 19 avril 2008 au Fashion Institute of technology
Du mardi au vendredi de midi à 20h00, le samedi de 10 heures à 17 heures
Seventh Avenue at 27 Street, New York
Entrée gratuite.

www.fitnyc.edu

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