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Andrea Dee : “Je suis venue tenter ma chance à New York”

Une jeune femme de 23 ans qui s’installe seule à New York et qui enchaîne les petits boulots avec l’espoir de percer dans la musique, cela vous rappelle un film? Pas du tout. C’est bien la véritable histoire d’Andrea Damagnez, une jeune Franco-Américaine qui souhaite avant tout créer de la musique… aux accents pop/jazz.

Vous êtes franco-américaine ?
Mon père est français et ma mère est américaine, j’ai donc toujours fait des allers-retours entre la France et les États-Unis. Je suis née à Paris et, à 17 ans, ma mère a déménagé à Las Vegas et je l’ai suivie. J’étais dans une école du spectacle à Paris et je me suis réinscrite à la Las Vegas Academy of International Studies, Performing and Visual Arts. Je n’ai pas vraiment aimé cette ville et je suis venue tenter ma chance à New York, seule.

Pourquoi New York plutôt qu’une autre ville ?
A 18 ans, j’ai intégré pendant 6 mois un spectacle professionnel, Jubilee, au Bally’s Hotel à Las Vegas, une grosse production de 85 danseurs. C’était très « Las Vegas traditionnel », mais cela m’a donné beaucoup d’expérience. A côté, je continuais à écrire des chansons et je sentais que je pouvais faire beaucoup plus. Je n’ai donc pas renouvelé mon contrat et je suis partie. New York est la ville de la musique et l’on peut y jouer où on veut.

N’est-ce pas trop dur de percer ?
C’est très difficile. Cela fait quatre ans que j’enchaîne les petits boulots et j’en ai marre. Je gagne de l’argent mais c’est purement alimentaire. Je n’arrive pas à imaginer ne pas faire de musique. Personne ne m’a jamais dit que j’étais la meilleure chanteuse ou la meilleure auteure, c’est peut-être pour ça que je persévère (rires). Je suis du genre têtue, alors le fait qu’on ne m’ait jamais vraiment soutenue dans cette voie m’a poussé à continuer. Mais si je ne suis pas connue, ce n’est pas grave, tant que je suis reconnue et que je peux vivre de ma passion.

“Le talent ne suffit pas”

Quelles ont été vos plus grosses désillusions ?
Quand je suis arrivée, je rêvais de jouer à Broadway. J’ai passé plusieurs auditions et je me suis vite aperçue que cela ne me correspondait pas. Ce que j’aime dans la musique, c’est la création. Je veux composer et écrire. Or je ne trouvais pas cela en interprétant des chansons écrites par d’autres. J’ai alors rencontré un producteur qui me promettait de faire de moi une star, mais il ne voulait pas écouter ce que je faisais. Il voulait faire de moi un produit et encore une fois, l’aspect création n’était pas là. J’étais dégoutée.

Comment avez-vous rencontré votre producteur actuel, Aaron Knight ?
L’ingénieur du son du studio dans lequel je travaillais avec mon ancien producteur m’a présenté Aaron il y a trois ans. Je ne pensais pas du tout que cela pourrait marcher, mais Aaron m’a demandé de lui faire écouter ce que j’écrivais. Il m’a dit que j’avais un talent mais qu’il fallait que je travaille encore. A partir de là, j’ai travaillé sur ma musique, mon écriture et ma voix. C’est lui qui me pousse à aller toujours plus loin. Le talent ne suffit pas, c’est ce que j’ai appris.

Avez-vous été approchée par des maisons de disques ?
Nous sommes en train d’enregistrer mes chansons, mais nous n’avons encore fait aucune démarche envers les maisons de disques. Avant de signer quelque part, j’aimerais me faire un nom en tant qu’auteur-compositeur-interprète. Je veux faire connaître mon écriture pour ne pas être de nouveau considérée comme un produit. Être prise au sérieux est important car il y a des millions d’autres personnes qui veulent faire ce métier.

“J’aime développer ce que j’écris”

Préparez-vous un album ?
Actuellement, je viens de terminer d’enregistrer un EP de quatre chansons qui sont désormais prêtes à être vendues. Ces chansons représentent vraiment l’étendue de mon potentiel, pour pouvoir montrer ce que je sais faire. J’aime la pop, le jazz et le blues. Je suis assez perfectionniste alors je veux que tout soit au top. Le travail avec mon producteur se fait en duo, il faut que l’on soit d’accord tous les deux, ce qui peut mettre du temps. Je vais pouvoir aller défendre physiquement mes chansons en me rendant moi-même auprès des maisons de disques qui m’intéressent.

Composez-vous seule ou avec vos musiciens ?
Malheureusement, je change souvent de musiciens car ils ont beaucoup d’opportunités à New York. Je ne peux pas rivaliser avec quelqu’un qui va les payer. Aaron et moi faisons tout par nos propres moyens. J’aimerais garder les mêmes musiciens pour pouvoir bosser avec eux sur une chanson dès sa création, ce serait un réel gain de temps. Mais je compose seule, la musique avant les paroles. Je suis très lente dans mon travail car j’aime développer ce que j’écris pour en être satisfaite. J’écris partout en ville, dans le métro, sur mon vélo (rires). J’aime la spontanéité quand j’écris.

Pourquoi ne pas avoir tenté l’aventure musicale en France ?
C’est vrai qu’en France, on prend le temps de savoir pourquoi tu as écrit telle ou telle chanson, d’où elles viennent, alors qu’aux États-Unis, il faut surtout que la chanson se vende. Mais je pense aussi qu’on peut passer plus facilement des États-Unis à la France que l’inverse. J’avance plus vite dans la musique ici, mais j’aimerais beaucoup avoir une carrière en France.

Quels sont vos futurs projets ?
Me concentrer sur ma carrière, avancer étape par étape et ne jamais écrire quelque chose qui ne me convient pas entièrement. Mon prochain projet est d’écrire du blues. Comme je fonctionne essentiellement à l’oreille pour composer, il va falloir que je me plonge totalement dans cet univers et que je n’écoute que ça pendant un certain temps.

 

Myspace d’Andrea Dee :
http://profile.myspace.com/andreadee

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