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Angélique Kidjo, un chant d’espoir

La chanteuse béninoise, qui vit à New York, se produit aux États-Unis en avril et en mai. France-Amérique l’a rencontrée.

J’ai grandi au Bénin. Mon père m’obligeait à aller à l’école. J’ai commencé à chanter très tôt et je gagnais déjà de l’argent, mais dans la famille il fallait passer son bac. Bac obligatoire ou tu ne chantes pas!” raconte Angélique Kidjo avec la verve qui la caractérise. Angélique a fait les deux. “De ma famille atypique — mon père était directeur des PTT et ma mère, directrice d’une troupe de théâtre — , j’ai appris la puissance des mots et le langage du corps“. Elle a passé son bac et aujourd’hui elle est aussi une chanteuse internationale, récipiendaire des Grammy awards, en tournée huit mois par an, avec un dernier album Djiin, Djin, en haut des palmarès.

Parallèlement, cette ambassadrice de bonne volonté pour l’UNICEF a créé la fondation Batonga pour aider au financement des études des filles sur le continent africain. “Si une mère est éduquée, elle fait tout pour que ses enfants restent à l’école. J’ai vu l’enfer dans l’ancien Zaïre-Congo, les femmes violées qui souffrent. J’ai besoin de toutes les femmes pour remédier à cela“, dit Angélique. Sa voix est fervente à l’image de sa vie. Depuis quatre ans au service de l’Unicef, elle entrecoupe ses tournées de visites dans des pays africains en difficulté où au seul nom d’Angélique les tam-tams résonnent. “Mon premier voyage, je l’ai fait en Tanzanie pour aller me rendre compte sur place de deux programmes des Nations Unies, l’un pour apporter du sel avec de l’iode car là-bas les femmes souffrent toutes de goitres, l’autre pour réaliser une campagne de vaccins et apprendre aux femmes à les donner à leurs enfants. Lors de ce voyage, j’ai visité un orphelinat d’enfants atteints du Sida. Mon baptême. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Mais les enfants jouaient, riaient et j’ai retrouvé le courage de leur chanter une chanson. Je me suis dit: “Tu vas retrousser tes manches , il y a du boulot!””.

Les 3 et 4 septembre dernier, Angélique a passé deux jours dans l’est du Tchad, dans les camps de réfugiés du Darfour. Elle a cosigné une lettre avec des femmes connues comme Mary Robinson , l’ancienne présidente d’Irlande et ancien Haut Commissaire aux Droits de l’Homme à l’ONU, pour appeler au cessez-le-feu immédiat. Au journal Libération, elle déclarait à l’issue de son voyage: “L’union africaine ne fait rien et doit se remettre en question. Je suis fatiguée que ce soient toujours les autres qui résolvent nos problèmes. Les Africains ne sont pas idiots. C’est un problème de volonté politique de la part des dirigeants africains. Il ne faut pas attendre“. Lors de son voyage, elle s’est aussi rendue au Bénin où avec le chanteur Zeynab elle est allée visiter un jardin d’enfants financé par le micro-crédit.

Depuis deux ans, Angélique est installée à Brooklyn avec son mari, le compositeur Jean Hébrail, et sa fille Naema, élève au Lycée Français de New York. “C’est le projet musical qui nous a délocalisé. J’ai travaillé sur cette fresque musicale retraçant la route de l’esclavage, qui nous a conduit à voyager au Brésil, aux Caraïbes, à Cuba. Cela a donné la trilogie Oremi, Black Ivory Soul et Oyaya qui a gagné les Grammys. C’était plus central pour nous d’être à New York et nous avons eu la chance de trouver à Brooklyn une maison avec un studio d’enregistrement déjà aménagé dans le sous-sol”. Son dernier album est un trait d’union entre l’Afrique et de l’Amérique, un retour aux sources, au Bénin où ont été enregistrées les percussions, mais auquel ont aussi interprété des talents exceptionnels comme Peter Gabriel ou Alicia Keys.

Concerts d’Angelique Kidjo aux États-Unis :

5 avril Brooklyn Center for the Performing Arts . New York
6 avril Philadelphie, Pennsylvanie
15 mai Princeton New Jersey McCarter Theater
16 mai Huntington New York

Son dernier disque : Djinn, Djinn, Razor &Tie
www.batongafoundation.org
www.kidjo.com

  • Bonjour, j’ai l’impression de jeter une bouteille à la mer. Je suis une admiratrice de très longue date, et aussi une combattante du mariage forcé et précosse des filles. Moi même je suis une victime et ai écrit un roman la dessus pour me soigner moralement. Je serai heureuse d’échanger avec vous! Merci d’avance de me répondre.

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