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Arnaud Desplechin fait son cinéma à New York

Dans le cadre d’un débat autour de la projection de films de Wes Anderson et de Truffaut, le Brooklyn Academy of Music (BAM) a reçu le 1er juillet le réalisateur Arnaud Desplechin et le critique Kent Jones. Une belle leçon de cinéma.

Quand arrive le générique de fin du film de Wes Anderson, Arnaud Desplechin applaudit frénétiquement, au diapason avec le public. Loin de l’image de rat de cinémathèque qui lui colle à la peau, le réalisateur débonnaire salue « le souffle neuf » du cinéma indépendant américain. Un cinéma dont il s’est beaucoup inspiré pour réaliser son Conte de Noël, sorte d’ « anti-Christmas movie » à mi-chemin entre l’univers déjanté d’Anderson et du tragique Saraband de Bergman.

Une vague d’influences

Interrogé sur la filiation entre le cinéma américain et le cinéma français, souvent associé à la nouvelle vague, le réalisateur rappelle qu’il n’appartient pas à ce mouvement mais à la génération suivante. « J’ai découvert les films de Renoir et Truffaut à l’école », dit-il. Par manque de maturité ou par esprit de contradiction, il rejette cette influence dans un premier temps. « Ce cinéma me semblait ennuyeux, convenu, bourgeois », assure-t-il. Plus tard, il revoit Les 400 coups de François Truffaut. « Une révélation », confie-t-il. Tout comme À bout de souffle de Godard. « Ce qui m’a le plus influencé dans ces films, c’est l’amour que portaient ces réalisateurs au cinéma américain. » Entre autres références, il cite pêle-mêle Scorcese, Coppola, ou Joe Dante. « Et dire que la critique et les médias français de l’époque ignoraient ces films ! », s’étonne le réalisateur.

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Une histoire de famille

Mais le cinéma qui l’enthousiasme le plus, c’est encore celui de Wes Anderson. Le thème de la rancœur familiale et le ton décalé entre le sérieux de ses propos et son humour ravageur rappellent ses propres films. La Famille Tenenbaum possède cependant une énergie propre. « Je suis fasciné par l’exubérance, la vitesse, la rythmique obsédante de ce film », explique Arnaud Desplechin, 49 ans. « Il y règne un sentiment d’urgence », confirme Kent Jones. Un sentiment que partage le public qui a beaucoup ri durant la projection. Pour Arnaud Desplechin, l’effet comique de La Famille Tenenbaum repose en partie sur la manière non conventionnelle dont s’expriment les personnages. « Ils sont mortellement sérieux avec quelque chose d’hilarant », assure Desplechin. Un humour qu’il juge salvateur. « Il faut bien contrebalancer la violence psychologique par  l’humour », conclut-il.

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