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Arnaud Desplechin

Le réalisateur français Arnaud Desplechin, accompagné de Jean-MichelFrodon, rédacteur en chef des Cahiers du Cinéma, est l’invité d’honneurde prestigieuses universités sur la côte est des États-Unis.

À la maison française de l’université de New York (NYU), c’est un public essentiellement jeune et américain, composé d’élèves de NYU, qui attend le début de la conférence sur "le cinéma français et la mondialisation". Vaste programme.

Jean-Michel Frodon, qui vient de lancer une version anglaise des Cahiers du cinéma, se lance le premier dans un anglais presque parfait. Pour lui, il y a "une relation profonde entre la cinématographie et le pays d’où elle vient". Il développe ensuite l’idée que le cinéma américain, plus que tout autre, est influencé par les tendances transnationales. Hollywood incarne depuis des décennies le cinéma américain, et la mondialisation dans le monde du cinéma a souvent tendance à être assimilé à Hollywood. "Or, Hollywood n’est pas synonyme de cinéma américain", insiste Jean-Michel Frodon à plusieurs reprises.
Arnaud Desplechin considère lui que la caractéristique du cinéma hollywoodien est "d’élever un personnage jusqu’à ce qu’il incarne quelque chose de plus", à l’inverse du cinéma français, qui est contre la glorification de personnages. Pour lui, l’idée de ce qu’est un héros aujourd’hui est liée au cinéma américain : un homme ordinaire, dépourvu de sexualité et qui a deux identités distinctes, à l’image de Batman.

Pour le réalisateur français, la mondialisation a deux principales conséquences. D’abord, le cinéma américain en est une des principales victimes : il y a 15 ans, 70% des bénéfices des films américains étaient réalisés aux États-Unis, contre 30% aujourd’hui, les 70% restants venant des autres pays ou le film est diffusé. De plus, le public est maintenant international, donc une blague sur le président Bush ou sur la guerre en Irak ("pour nous Français qui n’y participons pas, Dieu merci" ajoute-t-il en riant) risque de ne plaire qu’aux États-Unis. Mais la mondialisation est aussi une chance pour Arnaud Desplechin, elle lui permet de voir plus de films, "mais parce que je suis privilégié", reconnaît-il.
Le réalisateur considère que les tendances transnationales n’ont pas d’influence sur son travail. D’ailleurs, il ne se considère pas Français "quand il se lève le matin". En revanche, il se considère Français par la façon dont le cinéma américain lui importe et par "mon accent en anglais". (Rires du public.) Il considère qu’un des points communs entre la France et les États-Unis dans le domaine du cinéma est l’intérêt de ces deux pays pour leur cinéma. Pour Arnaud Desplechin, la notion de "français" dans le cinéma signifie que le film a ses racines dans un pays.
En guide de conclusion, Jean-Michel Frodon dresse un constat sur l’état paradoxal du cinéma dans le monde : "de plus en plus de films de genres différents sont réalisés mais beaucoup de film ne sont pas regardés, alors que très peu de films sont vus par beaucoup de monde".

Arnaud Desplechin poursuit son cycle de conférences :
-Du 14 au 17 octobre : université de Harvard : www.harvard.edu

Les Cahiers du cinéma en anglais :
www.e-cahiersducinema.com

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