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“Arrête ou je continue”: l’enfer, c’est le couple

Fable tragi-comique sur la déliquescence du couple, Arrête ou je continue emprunte à la comédie américaine son goût de la névrose et de l’insatisfaction chronique. Un film à découvrir en salles américaines le 17 décembre.

“C’est l’histoire d’un couple qui devrait se séparer mais qui n’y arrive pas.” Dans son cinquième film, Arrête ou je continue, la cinéaste Sophie Fillières renoue avec la comédie décalée et met en scène la mort du couple formé par Pierre (Mathieu Amalric) et Pomme (Emmanuelle Devos). Par conformisme ou habitude, ces quadras tendance bobos subissent les affres du train train conjugal, entre vernissages photos et excursions dominicales en forêt.

Disputes incessantes, petites phrases qui blessent, la réalisatrice filme la gangrène de l’incommunicabilité, la violence des rapports de force au quotidien et l’agacement mutuel, à la fois source de comique et de crispation. Le thème de la perte du désir et des conflits de couple n’est pas nouveau, la France en a même fait sa spécialité, de Molière à Feydeau au théâtre, et de Chabrol à Agnès Jaoui au cinéma. Mais l’originalité de Sophie Fillières réside dans le traitement de ce mal. Déjouant les codes de la comédie romantique, le film emprunte à la comédie américaine le mélange d’humour et de noirceur. On songe à Woody Allen – Annie Hall (1977), sommet du cinéma d’introspection, ou Manhattan (1979) et son anti-héros Isaac Davis, quarantenaire désabusé à la vie privée chaotique.“J’admire son sens de l’autodérision”, assure la cinéaste.

Une comédie burlesque

Mais le film penche peut-être davantage du côté de l’héritier trash de Woddy Allen : Louis C.K., stand-up comedy relatant les problèmes existentiels de l’humoriste du même nom, jouant son propre rôle. Comme dans la série, la tension permanente du film de Sophie Fillières n’est rendue supportable que par l’irruption de gags potaches ou de situations incongrues comme lorsque Pomme se fâche en reprochant à son mari d’utiliser une serviette de plage pour le bain , qui viennent désamorcer la pesanteur de la situation. “Nous avons en commun le côté absurde, le désabusement maximal, les situations aberrantes. Côté américain, j’aime beaucoup l’humour de Judd Apatow, avec des films comme Funny People. Derrière la comédie, ces films disent l’angoisse de vivre, de l’âge, et la complexité des rapports humains au quotidien, le côté rapeux de l’existence !”



Arrête ou je continue (If You Don’t, I Will) de Sophie Fillières, 1h42. Avec Emmanuelle Devos, Mathieu Amalric, Anne Brochet et Joséphine de la Baume. Sortie en salles mercredi 17 décembre 2014 , au Film Forum de New York : 209 West Houston Street, New York, NY 10014.

 

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