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Assemblée des Français de l’Étranger : « Nous pouvons avoir un impact direct sur la vie des gens »

Le  7 juin 2009 avaient lieu les élections des 11 représentants des Français de l’Étranger aux États-Unis. Parmi eux, six élus viennent de vivre la première année de leur premier mandat, à l’écoute de leurs compatriotes expatriés. Ils font le bilan avec France-Amérique. Aujourd’hui : Franck Barrat, conseiller de la circonscription de San Francisco.

Comment se passe votre mandat ?
Tout d’abord, j’ai découvert que cela demandait pas mal de boulot ! En fait le rôle d’un élu de l’AFE peut être divisé en deux fonctions principales. Il y a d’abord le travail dans la circonscription, sur le terrain, et les réunions à Paris avec les autres élus du monde entier.

Que recouvre le premier aspect ?
C’est un aspect passionnant car il nous permet d’avoir un impact direct sur la vie des gens. On peut les aider concrètement. On se sent utile. Il faut se battre pour les familles. Pour l’attribution des bourses scolaires d’État par exemple lors des commissions consulaires. Dans ce cas de figure particulier, il est clair que l’augmentation du coefficient K (ndlr, le niveau de revenus d’un foyer à partir duquel on est éligible pour une bourse) a eu un effet dramatique sur les familles des classes moyennes qui souhaitent scolariser leurs enfants dans des écoles françaises. C’est bien pour cela qu’une organisation comme Éducation Francaise Bay Area (ndlr, qui propose des programme d’after school en français pour les élèves suivant des cours dans le système public américain) rencontre un tel succès, alors qu’il y a quand même cinq écoles privées françaises dans la région !

Quel est l’autre volet de votre travail d’élu ?
C’est le travail que nous faisons avec l’AFE lors des sessions plénières qui se déroulent à Paris deux fois par an (ndlr, quatre fois pour les membres du bureau). Je dois dire que les échanges avec ces 155 représentants venus du monde entier, parlant 40 langues… c’est enthousiasmant mais c’est aussi beaucoup plus politique… Si dans ma circonscription je discute régulièrement avec les représentants des autres listes sur différents dossiers, lors des assemblés, la logique de parti reprend ses droits. Les représentants se retrouvent en groupes bien organisés avec des leaders (ndlr, Union des Français de l’Étranger à droite, Francais du Monde /ADFE à gauche). En tant que président du Modem USA, je fais partie d’un groupe de conseillers indépendants et nous sommes amenés à discuter autant avec les sénateurs de gauche ou de droite.

Partagez-vous la frustration de vos pairs concernant la faible marge de manœuvre des représentants de l’AFE ?
C’est vrai que le rôle de l’élu est mal défini. De plus, nous sommes en mode réactif et non en mode de proposition. Clairement sur des dossiers brûlants, comme la prise en charge (PEC) des frais de scolarité (ndlr, pour les lycéens français), il est dommage que l’AFE n’ait jamais eu l’occasion de voter…
En fait, notre rôle est d’informer vraiment les expatriés. À la commission des Affaires sociales de San Francisco, un nombre ridiculement faible de demandes d’aide pour les enfants handicapés ont été déposées. Les familles, clairement, ne savent pas à quoi elles ont droit. Cela doit être changé ! Et ça va changer…

En 2012, les expatriés pourront pour la première fois élire des députés de l’étranger. Est-ce que cela remet en cause l’utilité des représentants de l’AFE ?

Au contraire. Le député qui nous représentera aura un tel terrain à couvrir (ndlr, un député pour les États-Unis et le Canada) que franchement je crois que notre rôle sera renforcé, car nous sommes plus « enracinés » et il y aura besoin de ce relais.

www.lesdemocratesusa.com

Lire aussi : Surprise dans la circonscription de San Francisco

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