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Au Texas, des parents s’organisent pour créer des after-school en français

À Houston, un groupe de parents dont les enfants ne sont pas scolarisés dans une école française privée est en train de s’organiser pour monter une association qui proposerait des cours de soutien dès la rentrée 2010. Les bonnes volontés sont là, reste à trouver la bonne formule. Celle du programme de consolidation du Français Langue Maternelle (le FLAM) est pour l’instant retenue. Toujours au Texas, une autre structure du même type se met en place à Dallas.

« Je prends seulement conscience de la difficulté d’avoir une bonne structure pour assurer un cadre pédagogique en français à mes enfants à un coût raisonnable. » Florence Bèle est arrivée de France en août dernier, avec sa famille, à Houston sachant parfaitement qu’elle ne pourrait pas inscrire ses enfants dans l’école française homologuée de la ville puisque les frais de scolarité n’étaient pas pris en charge par l’entreprise de son mari. « Quatre enfants, presque 20 000 dollars par an ce n’était pas envisageable », explique la mère de Romain, 9 ans, Antoine, 7 ans, Juliette, 5 ans et Bertille, 2 ans. Les Bèle ont donc pris soin d’élire domicile près d’une excellence école publique américaine, au nom impeccablement texan, la Barbara Bush Elementary School. « Nous avons été bluffés par sa qualité, avoue la Française. Mes deux fils se sont adaptés même si les six premiers mois ont vraiment été durs. Pour le français, on a trouvé une institutrice pour des cours particuliers mais elle s’en va en juin. Pour nous, il est impératif que se mette en place, de façon durable, un programme de français avec un professeur qualifié », poursuit-elle.

Le système D

C’est également le souhait de la dizaine de parents d’élèves qui, à Houston, sont en train de s’organiser pour tenter d’assurer un suivi pédagogique en français pour leurs enfants. « Maintenant c’est le système D, estime Joelle Ciesielski, présidente de Houston Accueil. Les parents galèrent, se débrouillent avec le CNED pour deux, trois voire quatre enfants… Il est indispensable de trouver des solutions plus satisfaisantes pour ceux qui ne peuvent pas scolariser leurs enfants à l’Awty International School. »
C’est au domicile de Joelle Ciesielski que s’est déroulée la première réunion d’information le 21 janvier dernier, menée par
Damien Regnard, représentant des Français de l’Étranger. L’élu a exposé aux familles les alternatives possibles, de la mise en place d’une section bilingue en école publique américaine au programme de consolidation du Français langue maternelle (le FLAM). C’est cette dernière solution qui a retenu l’attention des participants. La prochaine étape sera donc de constituer une association à but non lucratif rassemblant au minimum 10 élèves âgés de 5 à 16 ans. Une subvention pourra ensuite être accordée par le ministère des Affaires étrangères pour permettre à la structure de mettre en place des cours de soutien sous forme d’after-school ou de cours le week-end. « Nous en sommes au stade de l’ébauche mais nous aimerions idéalement créer plusieurs antennes », explique la présidente de Houston Accueil. Cette dernière a pris notamment contact avec les responsables de Education Française Bay Area qui fonctionne depuis bientôt un an avec l’aide du FLAM.

« La difficulté, c’est de trouver le dénominateur commun, précise Florence Bèle. Il y a au moins autant d’enfants que de besoins. » Ceux de ses enfants, qui devraient retrouver le système scolaire public français dans trois ans sont différents de ceux de Natalie Jones par exemple, une Franco-Britannique, mariée à David, un Américain, mère de Théotim, 8 ans, et Briac, 6 ans, qui vont aussi à la Barbara Bush Elementary School. « Pour moi, confie-t-elle, il ne s’agit pas qu’ils connaissent à fond les règles de grammaire… je veux maintenir le français que nous parlons trop peu à la maison pour que reste vivante cette culture qui fait partie d’eux-même. »

L’effet boule de neige

Une même détermination unit en tout cas ces parents qui vont se retrouver une nouvelle fois la semaine prochaine pour déterminer des statuts de l’association. Des contacts sont pris ou vont l’être avec des directeurs d’établissements publics américains pour l’hébergement des futurs cours. « À terme nous comptons sur l’effet boule de neige pour que se créent des classes section bilingue dans les écoles publiques américaines, ou même une charter school,  » dit Joelle Ciesielsky qui note avec satisfaction l’intérêt du consulat pour cette d’initiative. « C’est la première fois qu’un tel groupe se met en place ici, commente Marie Maurannes, l’attachée culturelle de Houston. D’abord par manque d’informations, mais les réseaux sociaux sur Internet peuvent maintenant servir de plate-forme pour les parents. Ensuite parce qu’auparavant les frais de scolarité étaient plus systématiquement pris en charge par les employeurs. Elle rappelle que ces groupes se forment à l’initiative des parents mais que « nous pouvons les accompagner en les aidant à choisir un professeur, avec le matériel pédagogique ou en les faisant connaître auprès des nouveaux arrivants ».

À Dallas, Éducation Française Dallas ne s’est pas encore constituée en association mais a déjà ouvert deux groupes d’after-school dans les locaux de l’Alliance Française. « Nous avons deux difficultés à surmonter, explique Geneviève Chiari, présidente de Dallas Accueil. D’abord faire circuler l’information et ensuite trouver des professeurs de français. » Dallas compte 4 000 Français soit moitié moins que Houston. «  La communauté française est “étalée” dans tout Dallas et c’est très difficile de la toucher dans son ensemble ». Pour l’instant EF Dallas essaie de se faire connaître et souhaite augmenter le nombre d’élèves inscrits à leurs after-schools avant de faire une demande de subvention FLAM, non pas pour la prochaine rentrée mais en 2011. « Nous voulons absolument prouver qu’il y a un besoin à combler. Il y a 500 élèves à la Dallas International School et 40 % d’entre eux sont français… il faut des solutions pour tous les autres. » Geneviève Chiari, comme Florence Bèle ou Natalie Jones à Houston, avoue que ce projet demande une sacrée dose d’énergie. « J’ai une fille de cinq ans et je n’exclus pas de rentrer un jour en France. C’est pour elle que je me bats, je ne lâcherai pas le morceau. »

Infos pratiques :

www.programme-flam.fr

www.houstonaccueil.net

www.dallasaccueil.com

www.consulfrance-houston.org

www.efba.us

www.damienregnard.com

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