Subscribe
the-forgotten-montclair-university-NJ

Aure Atika : “Je serais heureuse que l’on me confie des rôles à la Gena Rowlands”

A l’occasion du festival “In French with English Subtitles” (du vendredi 21 novembre au dimanche 23 novembre), Aure Atika vient à New York présenter le film Papa was not a Rolling Stone, réalisé par Sylvie Ohayon, retraçant le parcours d’une jeune adolescente de La Courneuve qui cherche à s’échapper de sa banlieue natale. Le film sera projeté dimanche 23 novembre, lors de la soirée de clôture. Un prix du public sera décerné à un des films présentés pendant le festival à l’issue de la soirée.

 

France-Amérique : Papa was not a Rolling Stone est truffé de références culturelles des années 80, des pubs de l’époque jusqu’à la musique de Jean-Jacques Goldman. Est-ce un film générationnel ?

 

Aure Atika : Oui, totalement. Les tubes de Jean-Jacques Goldman ont beaucoup marqué ma génération. Quand j’avais 12 ou 13 ans, tout le monde écoutait sa musique ! Papa was not a Rolling Stone est très ancré dans les années 80 : c’est la Boum version swag, qui se passe à La Courneuve au lieu de se dérouler dans les beaux quartiers de Paris.

Le film se déroule dans la cité des 4000, à La Courneuve, et montre une banlieue loin des clichés : animée, joyeuse, où les religions coexistent sans grande difficulté. Pensez-vous que le cinéma véhicule une image trop négative de ces quartiers ?

Je le crois. A l’époque, les populations cohabitaient sans aucun problème. C’est malheureusement moins le cas aujourd’hui. Le film a voulu montrer la forte solidarité entre les habitants, et l’importance du vivre ensemble. Cela change de La Haine (Mahieu Kassovitz, 1995) 1ou des films qui parlent des dealers et de la violence ! On se situe du bon côté de la banlieue.

Le film veut aussi montrer que le plafond de verre peut être brisé, qu’on peut être une jeune banlieusarde et réussir…

Oui, c’est une des leçons du film. La scène où Stéphanie rencontre sa conseillère d’orientation, qui met un frein à ses ambitions, en est la preuve : quand on est une jeune fille vivant en banlieue, il faut dix fois plus de volonté pour réussir. Mais la réalisatrice a aussi voulu montrer sa reconnaissance à l’égard de l’école républicaine, de la méritocratie, qui permet à des élèves brillants et motivés d’arriver à leurs fins.

Votre histoire personnelle fait écho au personnage de Stéphanie. Comme vous, elle ne connaît pas son père, et est élevée seule par sa mère, qui n’est pas tout à fait à l’aise dans son rôle de parent…

Ce scénario m’a beaucoup touchée. Ma mère était un peu infantile et irresponsable, comme dans le film. Et comme Stéphanie, j’ai souvent eu l’impression d’être la mère de ma mère ! J’avais aussi tendance à me réfugier dans l’école, qui était pour moi un cadre rassurant et stable.

Vous avez tourné dans de nombreux succès – la série de La Vérité si je Mens, OSS 117, De battre mon cœur s’est arrêté – comment imaginez-vous la suite de votre carrière ?

 

J’aimerais beaucoup réaliser mon premier long métrage, après mes trois courts métrages. Je serais heureuse que l’on me confie des rôles à la Gena Rowlands, des rôles de femmes de mon âge. Le théâtre m’attire aussi, car cela fait longtemps que je n’en ai pas fait. Quel que soit le domaine, le plus important est d’être séduit par la profondeur et l’intérêt d’un personnage.

Le film Faster, Pussycat! Kill! Kill! fait partie de vos références incontournables. En quoi vous a-t-il marqué ?

 

C’est un film qui m’a beaucoup aidée. A 17 ans, mon corps s’est développé et j’ai eu du mal à assumer mes formes prononcées. Ce film m’a donc réconciliée avec mon corps et m’a permis d’accepter mes formes. Mais ce n’est pas un film culte ! Cela reste une série B.

 

Plus largement, quelles sont vos références culturelles américaines ?

 

Le cinéma américain m’a beaucoup marquée. J’aime particulièrement les films de Cassavetes, Scorsese ou Lynch.

Voir la bande-annonce : http://www.youtube.com/watch?v=EjUt6acK4Qc#t=40

Pour plus d’informations sur le festival “In French with English subtitles” (en partenariat avec le FIAF, French Films et Altour) : http://ifwes.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related