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Barbara Schulz incarne Marie-Antoinette le temps d’une tournée américaine

La comédienne Barbara Schulz, nominée aux Césars et récipiendaire du prix Molière, incarne la célèbre souveraine dans un “one woman show” intitulé Correspondances de Marie-Antoinette, dirigé par Katherine Adamov. Une pièce écrite par l’historienne Evelyne Lever, s’appuyant sur les correspondances de la reine déchue, et jouée en français pour une tournée américaine dont le coup d’envoi sera donné le 18 octobre à Boston. Pour France-Amérique, l’actrice revient sur son rôle et l’image de Marie-Antoinette aux Etats-Unis.

France-Amérique : Etes-vous crédible en Marie-Antoinette ?

Barbara Schulz : Je ne suis pas blonde aux yeux bleus, au contraire j’ai les yeux marron et les cheveux châtains ! Au-delà de ces détails physiques, je connaissais déjà bien le personnage de Marie-Antoinette, notamment par la lecture de biographies et les films. Je m’intéresse aussi beaucoup à l’histoire de France. Peut-être pas dans sa forme académique, – ne me demandez pas de dates ! – mais par les anecdotes qui rendent les personnages historiques familiers. Je m’intéresse à leur couleur préférée, aux fleurs plantées dans leur jardin…

Comment la pièce a-t-elle été construite ?

Cette pièce est jouée à la première personne, c’est un one woman show. Elle a été construite en s’appuyant sur des lettres de la reine, ses correspondances avec ses  proches, tel qu’Axel de Fersen, qui lui vouait une grande passion. Mais aussi avec ses frères, ses sœurs et sa mère. Vingt-trois ans de la vie de Marie-Antoinette sont joués en une heure, ce qui correspond à ses vingt-trois années depuis son mariage arrangé avec Louis XVI jusqu’aux dernières heures avant son exécution. 

C’est une approche historique de la vie de Marie-Antoinette ?

Ici, nous sommes loin d’une lecture de textes, date par date. La solution que nous avons trouvé pour sortir d’un discours historique, didactique et chronologique était de partir d’un point d’ancrage particulier : la nuit qui précède son exécution. La dernière lettre de Marie-Antoinette a été rédigée à quatre heures du matin, à l’issue deux jours de procès. On y découvre une reine exsangue, mal en point, souffrant d’hémorragies dans une cellule qui sent mauvais. Un lieu à l’opposé du faste habituel dans lequel elle a vécu toute sa vie. Ses dernières heures ont dû être un moment de questionnement. Marie-Antoinette a dû penser : “tout avait si bien commencé… comment en suis-je arrivée là ?”

Comment le passé de la reine est-il évoqué ?

Par le biais de bonds dans sa mémoire. Marie-Antoinette se remémore les événements marquants de sa vie. C’est une vision très personnelle de son existence de reine. Ce qu’elle retient dans ses lettres suite à la procession des Etats Généraux, par exemple, c’est le regard pesant des Français à son passage, l’absence totale d’applaudissements et une sensation de nerfs qui lâchent. Sur scène, Marie-Antoinette est seule, dans un décor représentant la conciergerie, vêtue d’une robe noire. Il n’y a pas de changements de costume qui marque les années. Comme Marie-Antoinette a rédigé peu de lettres, Evelyne Lever, qui a écrit la pièce, s’est appuyée sur les réponses qu’elle recevait pour imaginer le scénario de sa vie. Le hors-texte est tiré de l’imaginaire de l’historienne et de sa perception du personnage, sur qui elle a beaucoup écrit en tant que spécialiste de l’Ancien Régime.

Comment Marie-Antoinette est-elle perçue par les Américains ?

C’est l’une des figures historiques que les américains connaissent bien, et à laquelle ils nous identifient. Il y a un peu de nous (les Français) en elle. Elle représente le luxe, la sophistication, le raffinement, le bon goût à la française. C’est un personnage d’envergure, mais dans la pièce, nous la découvrons autrement, dans une posture bien éloignée de celle du film de Sofia Coppola ou de la reine détestable parfois décrite. Le personnage que j’incarne est plus nuancé, dévoile des facettes qu’on ne lui connaissait pas, une fragilité.

Vous vivez aux Etats-Unis depuis deux ans. Quels sont vos ambitions ?

Personne ne me connaît aux Etats-Unis, je repars à zéro. Je passe des auditions pour de tout petits rôles. Jouer en anglais est un vrai défi et je suis obligée de prendre des cours pour attenuer mon accent français. Si j’arrive à me faire une place dans le milieu théâtral américain, et à jouer au même titre qu’une comédienne américaine, ce sera une victoire. Je suis aventurière, ça ne me fait pas peur. Je pense que dans ce pays tout est possible car les gens sont plus accessibles, même les grands noms du théâtre. Quoiqu’il arrive je ne me suis pas complètement grillée en France. D’ailleurs, j’y tourne un téléfilm en février prochain.

Plus d’informations : Correspondances de Marie-Antoinette, du 18 au 20 octobre à Boston (Modern Theatre Suffolk University) ; le jeudi 24 octobre, 20 heures, à New York (FIAF) ; le samedi 02 novembre, 20 heures, à Washington (Ambassade française) ; le vendredi 15 novembre, 20 heures, à San Francisco (Théâtre du Lycée Français). Plus d’informations et achat des tickets sur www.frenchtheatre.org.

Pièce jouée en français avec des sous-titres anglais.

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