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Beaucoup de travail attend le nouveau directeur général du FMI

 

Nommé en septembre dernier à la tête du Fond Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn entre aujourd’hui en fonction. L’institution internationale, jugée en « pleine crise », est un défi à la hauteur du politique français.

 

« Dominique Strauss-Kahn a tous les atouts pour ce poste. Il est un bon économiste, il a en plus une expérience de la pratique : son passage au ministère des Finances lui a apporté une réputation internationale. Par ailleurs, c’est un multilatéraliste. Il est ouvert au reste du monde. Je dirais qu’il a beaucoup de qualités pour ce poste et qu’il a en plus un souci de la pauvreté dans le monde. Il est moins exclusif, il essaiera d’intégrer plus de pays. Et croyez-moi ce n’est pas évident d’aborder ce problème-là au FMI […] », déclarait à France-Amérique le vice-président sortant à la Banque Mondiale, François Bourguignon[1].

 

Le FMI, chargé de stabiliser le système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières, doit en effet connaître des restructurations importantes dans les mois à venir. Parmi ses missions, la modernisation de l’institution et l’assainissement des finances : deux domaines épineux. Le premier crée un désaccord entre les pays industrialisés et les pays émergents sur la répartition des quotes-parts, ce système de voix établi sur la participation financière de chaque pays à l’organisation et qui fait l’objet de sévères négociations. En effet, les pays les plus riches refusent de redistribuer les droits de vote, discutés à hauteur de 10% des droits, considérant qu’il s’agit d’une « énorme augmentation », selon les propres mots de Tommaso Padoa-Schioppa, ministre italien des finances et nouveau président du Comité monétaire et financier du Fonds (CMFI).

 

Autre point fort des réformes: le redressement des finances du FMI. Avant avril,  l’assainissement des finances devra « non seulement porter sur l’augmentation des recettes mais aussi sur la réduction de dépenses », selon les termes du communiqué publié à l’issue de l’assemblée générale du FMI, qui s’est tenue du 20 au 22 octobre dernier à Washington.

 

Parmi les chiffres qui tirent la sonnette d’alarme, les dépenses de fonctionnement qui avoisinent le milliard de dollar par an, pour un total de 2.691 employés. Selon une enquête de l’agence de notation Standard and Poor’s, le FMI aurait par ailleurs perdu environ 110 millions de dollars au cours de l’année passée en générant moins d’intérêts financiers des prêts consentis. Certains pays ont profité de la conjoncture pour rembourser leurs dettes. Plus terrible, les pertes devraient doubler en 2008.

 

Cette situation financière, susceptible de remettre en cause la bonne marche de l’institution, s’inscrit au cœur la crise identitaire que subit le FMI. L’organisation souffre en effet de vives critiques concernant l’efficacité de son aide aux pays en difficulté.

 

« DSK », comme la France le surnomme, cet ancien professeur d’économie et avocat d’affaire, également ministre de Finances sous le gouvernement Jospin, devrait avoir l’expérience et les épaules suffisantes pour affronter la situation. Ses convictions de social-démocrate et son caractère pédagogue permettront peut-être de dénouer la crise actuelle. Dernier conflit en date, le rapport Crockett qui suscite la polémique en suggérant  d’investir 400 tonnes d’or provenant de la réserve, ainsi qu’une partie des quotes-parts dans des fonds, ce qui permettrait de générer de nouvelles recettes. Ce dossier est l’occasion pour le politique de faire ses preuves.    


[1] Interview extraite du France Amérique n°13, 31 octobre – 20 novembre

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