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Bernard Kouchner aborde la question de l’Iran à Washington

Après ses propos polémiques sur le programme nucléaire iranien, Bernard Kouchner est arrivé à Washington pour son premier entretien concernant des éventuelles sanctions contre l’Iran. Le ministre des Affaires étrangères, sur tous les fronts, a accordé un entretien exclusif  à France-Amérique.

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner s’est rendu au Congrès américain pour sa première visite officielle aux États-Unis. Au cœur des débats, un sujet qui a valu au « french doctor » toute l’attention des politiques ces derniers jours: la crise du nucléaire iranien. Si le ministre français a été récemment salué pour son « sérieux » par Washington, la discussion avec le président de la commission des Affaires étrangères, le démocrate Tom Lantos, a fait l’objet d’échanges animés. « Nous n’étions pas d’accord pour renforcer un certain nombre de sanctions proposées et qu’il y ait des mesures contre les entreprises », déclarait Bernard Kouchner en sortant de l’entretien. Le chef de la diplomatie française, lors d’une interview controversée dimanche dernier, avait pourtant fait part de la volonté de l’Élysée de prendre des « mesures additionnelles » aux sanctions contre l’Iran. Ces mesures, prises en dehors du cadre de l’ONU, consisteraient en des « recommandations » aux entreprises européennes pour qu’elles ne « soumissionnent pas avec de nouveaux contrats », précisait en début de semaine le Quai d’Orsay.

Moins enthousiaste que Tom Lantos à l’issue de l’échange, Bernard Kouchner n’était pas entièrement favorable à la proposition de loi adoptée par la commission aujourd’hui. La mesure acceptée par le Congès envisage en effet de pénaliser sur le territoire américain toute entreprise présente en Iran. S’il est question de sanctionner la République islamique, il n’était en revanche pas prévu de pénaliser l’économie française. Or, la France, dans des domaines comme les hydrocarbures ou l’automobile, compte un certain nombre de sociétés très présentes à la fois sur le territoire arabe et aux États-Unis.

Après l’onde de choc provoquée par son allusion à une possibilité « guerre », le ministre français des Affaires étrangères a fait bonne figure et s’est félicité du dialogue avec Tom Lantos. « C’est le ton qui a changé », remarquait Bernard Kouchner, désormais très apprécié à Washington pour sa vision ferme de la diplomatie. Dans une interview qu’il a accordé la semaine dernière à France-Amérique, il déclarait : « il est vrai que les États-Unis sont depuis l’effondrement du système soviétique en situation de supériorité économique, militaire, linguistique et culturelle très nette par rapport aux autres puissances », « je me félicite que cette prééminence soit aujourd’hui incarnée par un pays qui est notre plus ancien allié et dont nous partageons les valeurs ».

Ce récent regain d’amitié politique entre la France et l’Amérique, initié par la personnalité de Nicolas Sarkozy, donne une nouvelle image de la France sur le plan international. « Il y a plus généralement un souffle nouveau, très largement incarné aussi par le président de la République, une France qui retrouve le goût d’avancer, qui se porte vers les autres, qui se montre fidèle à son histoire, à ses valeurs, aux droits de l’Homme, à ses alliances aussi. Tout ceci dessine, modestement, une nouvelle façon de faire », a déclaré le chef de la diplomatie à notre journaliste. Une nouvelle façon de faire, ferme et énergique qui n’est pas sans attirer les réprobations de certaines nations comme dernièrement l’Irak ou l’Iran mais aussi l’Afrique du sud ou le Portugal.

Vendredi, Bernard Kouchner doit rencontrer son homologue américain Condoleezza Rice sur la fameuse question de l’adoption, dans le cadre européen,de nouvelles sanctions multilatérales contre l’Iran. Il accompagnera par ailleurs Nicolas Sarkozy à New York dans les jours prochains pour représenter la France lors de la 62ème session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Retrouvez l’intégralité de l’interview de Bernard Kouchner sur la politique extérieure menée par la France en exclusivité dans le nouveau numéro de France-Amérique.

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