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Bientôt un “Mur des noms” pour les victimes du nazisme en Alsace

La procédure pour édifier un “Mur des noms” en mémoire des victimes du nazisme en Alsace sera lancée avant la fin de l’année, a annoncé samedi à Obernai (Bas-Rhin) le président du conseil régional, Philippe Richert.

L’ancien ministre UMP s’exprimait lors d’une cérémonie en hommage aux 130.000 Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans les unités militaires allemandes lors de la Seconde Guerre mondiale, les “Malgré-Nous”. Les autorités allemandes instaurèrent cet enrôlement forcé il y a 70 ans, à partir du 25 août 1942. Plusieurs centaines de personnes, dont des derniers témoins de la période accompagnés de leurs familles, ont assisté à cet hommage sur le Mont national à Obernai, au pied d’une croix symbolisant les sépultures des 40.000 Malgré-Nous morts et disparus.

Les collectivités locales alsaciennes travaillent depuis quelques années à la création de ce “Mur des noms”, autre monument dédié plus largement à toutes les victimes du nazisme dans la région (incorporés de force, morts sous l’uniforme français en 1940, résistants ou encore victimes civiles). Il doit prendre place au musée Mémorial d’Alsace-Moselle à Schirmeck (Bas-Rhin) et viendra “rappeler le sacrifice des Malgré-Nous et des Malgré-Elles”, a fait valoir samedi M. Richert. “Aujourd’hui, les historiens sont encore au travail. D’ici la fin 2012, le processus d’édification de ce monument sera définitivement engagé, l’appel d’offres sera lancé”, a-t-il ajouté.

Egalement présent lors de la cérémonie à Obernai, le ministre délégué aux Anciens Combattants, Kader Arif, a déposé une gerbe au nom du gouvernement. “Il est temps de le dire et de le redire avec force : ces femmes et ces hommes pris dans le tumulte de l’histoire ont droit à notre respect”, a-t-il déclaré. “Au moment où en France les autorités publiques faillirent, ils furent laissés seuls face à leur destin”, a ajouté M. Arif, rappelant le “dilemme” des jeunes Alsaciens et Mosellans, dont les proches étaient menacés par l’occupant quand ils résistaient à l’incorporation.

La grande majorité des 130.000 “Malgré-Nous” (100.000 Alsaciens et 30.000 Mosellans) avaient été envoyés par les nazis sur le front de l’Est, contre l’Armée rouge.

 

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