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Carole Bouquet, la voix d’Antonin Artaud

La comédienne Carole Bouquet sera le 24 février au FIAF de New York, pour une lecture de « Lettres à Génica, folies d’amour ». Une performance unique inspirée de la correspondance entre l’auteur Antonin Artaud et le grand amour de sa vie,  l’actrice Génica Anastasiou dont il partagea la vie de 1922 à 1927.

Six années durant, Antonin Artaud couche sur le papier son amour, ses doutes, sa maladie, dans des accès d’écriture passionnés qu’il adresse à la jeune Génica, une comédienne roumaine. Une quarantaine de ces lettres, compilées par l’actrice Carole Bouquet, ont déjà fait l’objet d’une mise en scène l’automne dernier au Théâtre de l’Atelier, à Paris. L’occasion, pour la comédienne au profil de statue grecque, de s’ouvrir à la langue charnelle du poète. « La beauté du texte réside dans la voix d’Artaud, affirme la comédienne. Ses textes sont faits pour être lus à voix haute. Il faut scander son texte, partir de l’écriture même, et non de l’image de fou qui lui colle à la peau ».

Pour laisser place aux mots, Carole Bouquet s’efface derrière une scénographie minimale. « J’ai souhaité faire une mise en scène la plus simple possible. Essayer de faire entendre Artaud au plus près. Je ne voulais pas occulter ses mots par le jeu », explique-t-elle d’une voix grave, qui entre en résonance avec celle de l’auteur. Il ne s’agit pas de faire un cours de littérature sur Artaud, insiste-t-elle. Il faut émouvoir, ravir, enchanter ! ». Et révéler le génie masqué par l’image négative d’une vie scandée par les crises, l’hôpital psychiatrique, la drogue et la folie…

« Une œuvre douloureuse »

On pourrait accuser l’actrice d’exhiber en public une part intime d’Antonin Artaud, avec ces lettres qui n’étaient pas destinées telles quelles à la publication. Mais la victime n’était-elle pas consentante ? « Artaud était très conscient de la qualité de sa plume. Il écrivait pour être lu. Et puis ces lettres n’ont rien de quotidien ». Le texte, très proche de la poésie, porte les stigmates familiers des écrits publics d’Artaud : tensions, souffrance, passion. C’est bien un « Théâtre de la Cruauté » que le poète élabore dans ses lettres. Une écriture instable qui n’enlève rien à la force  poétique du texte.  « ‘Une Saison en enfer’ de Rimbaud, ce n’était pas non plus une partie de campagne ! », fait remarquer Carole Bouquet, avec une pointe d’ironie.

Infos pratiques:

Carole Bouquet – Lettres à Génica, au FIAF de New York,  le 24 février à 8 pm. Avec des sous-titres en anglais.

Florence Gould Hall:

55 East 59th Street

Tel: (212) 355-6160

Site du FIAF

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