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Catherine Deneuve à New York au service du cinéma français

L’actrice française, qui jouit d’une forte notoriété aux Etats-Unis depuis les films de Jacques Demy, était à New York pour présenter le film d’Emmanuelle Bercot On My Way (Elle s’en va).

“Je vais ouvrir la fenêtre parce que je fume”. C’est une cigarette constamment à la main que Catherine Deneuve est venue promouvoir à New York le cinéma français et le film Elle s’en va, dont elle est la tête d’affiche. De cigarettes, il en est d’ailleurs beaucoup question dans Elle s’en va (On My Way), un road-movie où Betty (Catherine Deneuve) décide de tout quitter – son restaurant, sa mère – et de conduire sans point de chute. Mais, très vite, l’addiction à la nicotine prend le dessus et Betty fait des rencontres incongrues au gré de ses envies de cigarettes.

Les personnages dont elle croise le chemin ont tous été interprétés par des acteurs amateurs. “C’est plus dur de tourner avec des acteurs non professionnels. Au début vous pensez qu’ils vont donner ce qu’ils ont en eux, leur côté naturel. Mais ensuite, vous réalisez que vous n’allez pas réussir à leur faire rejouer la même scène avec la même émotion deux fois. Mais ce qu’ils apportent en sincérité est beaucoup plus important que ces petits problèmes de tournage”.

Avec plus de 100 films à son actif, et presque autant de tournées promotionnelles, l’actrice est elle une professionnelle de l’interview. Elle avoue que l’envie de tout quitter, comme son personnage dans le film, lui a déjà traversé l’esprit au moins une fois, lors d’un tournage au Vietnam où elle pouvait marcher incognito dans la rue. “Forcément, vous pensez à tout quitter quand vous êtes une actrice comme moi. Mais si vous voulez toujours tourner, vous devez accepter la contrainte des interviews avec les médias. Le vrai travail pour moi, ce n’est pas tant le tournage que la promotion du film lors de sa sortie.”

Affection des médias américains

Catherine Deneuve, particulièrement mise en avant sur le poster américain d’Elle s’en va (bien plus que sur l’affiche française), sait pertinemment qu’elle est une des rares actrices – avec Audrey Tautou et Marion Cotillard – à pouvoir convaincre un distributeur américain de sortir un film aux Etats-Unis sur son nom. D’où sa présence à New York pour soutenir un petit film d’auteur qui serait passé inaperçu en Amérique sans sa venue. Articles dans le New York Times, dans la fameuse Page Six du New York Post, ou encore dans Variety, la campagne de promotion de Catherine Deneuve a parfaitement fonctionné.

L’actrice a même involontairement créé le buzz avec sa photo pleine page publiée dans New York Magazine où elle se apparaît en body, collants et talons aiguilles. “Avec Dominique Issermann (la photographe) – que je connais très bien – on voulait une photo intimiste. C’est ma relation avec elle qui fait que cette photo est comme ça. Je ne la regrette pas mais j’aurais pu faire plus attention. Je n’ai pas pensé à internet.”

“Wes Anderson, je l’adore”

Mis à part son apparition dans la série Nip/Tuck en 2006, Catherine Deneuve n’a plus tourné aux Etats-Unis depuis 1983 et le film Les Prédateurs, un thriller fantastique de Tony Scott. Pas par manque de propositions affirme-elle, même si celles-ci se font plus rares aujourd’hui. “Je n’ai pas tourné aux Etats-Unis parce qu’on ne m’a pas proposé de rôles intéressants”. Le cinéma américain d’aujourd’hui l’intéresse toujours autant. Elle s’extasie notamment à l’évocation du réalisateur américain Wes Anderson. “Je l’adore. J’adorerais être dans son film. Mais ça ne dépend pas de moi. La seule fois où j’ai écrit à un réalisateur étranger pour lui demander un rôle, c’était à Lars Von Trier car je savais qu’il allait tourner dans plusieurs pays d’Europe. Mais la plupart du temps, quand vous demandez à un réalisateur d’écrire un rôle pour vous, ce n’est souvent pas intéressant au final”.

A défaut de jouer dans des films américains, Catherine Deneuve, 70 ans, continue d’enrichir sa filmographie avec des films – souvent indépendants – qui l’intéressent, l’intriguent. Après avoir tourné cette année avec André Téchiné et Pierre Salvadori, elle va à nouveau collaborer avec Emmanuelle Bercot, réalisatrice d’Elle s’en va, “je ne suis pas encore prête de me contenter d’un rôle de productrice !”

Au cinéma à partir de vendredi 14 mars. Cliquez ici pour connaître les séances aux Etats-Unis du film On My Way (Elle s’en va).

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