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« Ce n’est pas en supprimant la gratuité qu’on va rétablir le budget de la France »

Le 7 juin 2009 avaient lieu les élections des 11 représentants à l’Assemblée des Français de l’Étranger pour les États-Unis. Parmi eux, six élus viennent de vivre la première année de leur premier mandat, à l’écoute de leurs compatriotes expatriés. Ils font le bilan avec France-Amérique. Aujourd’hui : Jean-Claude Zambelli, conseiller de la circonscription de San Francisco.

– Vous contestez les conclusions du rapport de trois députés MM. Mancel (UMP), Schneider (UMP) et Féron (PS) dont le public a eu connaissance récemment et qui préconise la fin de la prise en charge pour les élèves français de lycées à l’étranger.

Jean-Pierre Mancel avait indiqué lors de la dernière Assemblée des Français de l’Étranger qu’il y avait une réflexion à l’intérieur du ministère des Finances sur l’ensemble du budget de l’enseignement du français à l’étranger mais il n’était alors question ni de rapport ni de mission… J’ai voulu qu’on m’éclaire sur les origines de ce rapport, qui l’avait commandité et je n’ai pas eu ces réponses encore.

– Vous comprenez cependant qu’on puisse, sur une question de principe, considérer injuste le fait d’offrir la gratuité pour tous en lycée plutôt que d’étendre l’aide aux familles modestes sur toute la scolarité .

Je comprends et je respecte ce raisonnement mais Nicolas Sarkozy a été élu sur un programme et il l’applique…. On reproche assez au président de ne pas faire ce qu’il a dit !

C’est vrai qu’au moment d’appliquer la mesure, des choses sont apparues qu’on n’avait pas forcement prévues… Ce sont les effets pervers… Il faut bien reconnaître qu’il y a des lycées qui ont eu la main lourde en ce qui concerne les augmentations de frais de scolarité pour la partie lycée depuis la mise en place de la prise en charge (PEC). Mais corriger une mesure pour qu’elle soit bien sous contrôle, plus juste, ne veut pas dire revenir dessus…. Il y a certainement des élus de l’Assemblée des Français de l’Étranger (AFE) qui pensent qu’on doit au moins revenir sur les conditions d’application de la PEC. Il y a débat… C’est respectable, mais monter un débat sur de fausses informations,  cela n’est pas respectable…

– Quelles informations vous semblent erronées ?

Au hasard, le fait que les élèves d’origine étrangère se verraient écartés par cette mesure de gratuité dont ne bénéficient que les Français… Ce n’est absolument pas vrai pour la partie high school en question ! Les étrangers sont bienvenus et il y a de la place en lycée… Les étrangers peuvent faire le choix d’une éducation française ici alors que pour les Français qui peuvent être amenés à retourner en France, c’est une obligation !

– Qu’en est-il des chiffres contenus dans ce rapport ?

En 2010, la prise en charge s’élevait à 29 millions et les bourses à 70 millions. Il est dit dans ce rapport qu’il faudrait mieux redistribuer cet argent pour « gonfler » les bourses… C’est là qu’on se fait des illusions… Vu de Bercy (ndlr, ministère des Finances) ce n’est pas la même ligne de budget. Il n’y a pas d’effet de vase communicant entre la prise en charge et les bourses. Et le montant de la prise en charge, c’est 4/10 000e du budget de l’Éducation nationale ! Ce n’est sûrement pas en supprimant la prise en charge qu’on va rétablir le budget de la France ! C’est démagogique. Au niveau global, cela n’a aucune incidence.

– Le rapport parle aussi du fameux « effet d’aubaine » pour les sociétés françaises qui ont profité de cette mesure de prise en charge pour se désengager et ne plus financer la scolarité au lycée des enfants de leurs employés.

De toute façon, il y a de moins en moins d’entreprises qui expatrient et qui paient les frais de scolarité aux États-Unis. À la Silicon Valley, cela devient exceptionnel.

– Ce rapport n’a aucun lien avec celui qui a été demandé par le chef de l’État et qui doit très bientôt lui être remis ?

Cela n’a strictement rien à voir. Les auteurs de ce dernier rapport, qui doit être remis au président autour du 14 juillet, sont une députée de l’Essone, Geneviève Colot, et une sénatrice des Bouches-du-Rhône, Sophie Joissains (ndlr, toutes les deux UMP). Elles sont venues auditionner les élus de l’AFE lors de la session de mai. Notre groupe, l’Union des Français de l’Étranger (ndlr, proche de la majorité), a souligné que la mesure de prise en charge des frais de scolarité était une promesse électorale du président Sarkozy, qu’il appliquait donc son programme de 2007 et qu’on ne voyait pas de raisons de l’interrompre maintenant au milieu de son mandat…

– Vous êtes clairement en désaccord sur ce sujet avec les élus du groupe Français du Monde-ADFE par exemple. Comment cela se passe entre les répresentants de l’AFE dans votre circonscription ?

Dans la circonscription de l’Ouest américain, nous sommes trois élus à siéger à la commission de la culture et de l’enseignement (ndlr, avec F.Barrat – Modem et C. Girault – ADFE),  cela nous donne l’occasion d’avoir des échanges… Et puis sur le terrain, il y a beaucoup de coopération… Lorsqu’il s’agit d’aider une famille en détresse, on a tous les mêmes critères !

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