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Ces Français en campagne contre Mitt Romney

Quatorze ex-salariés de l’usine Samsonite d’Hénin-Beaumont étaient aux Etats-Unis en début de semaine afin de dénoncer les agissements de Bain Capital, l’entreprise créée par Mitt Romney. Ils sont allés soutenir leur plainte ce mardi contre le fonds d’investissement américain, qui a liquidé leur usine en 2007.

Et si des ouvriers français jouaient un rôle dans la campagne présidentielle américaine ? C’est en tout cas ce qu’espère Brigitte Petit, ancienne salariée de Samsonite dans le Nord-Pas de Calais. Avec treize de ses anciens collègues, elle a traversé l’Atlantique afin de déposer une plainte devant le tribunal de Boston contre Bain Capital pour liquidation frauduleuse. Bien décidée à se faire entendre, Brigitte s’est préparée à répondre aux interviews en anglais. “On a dépensé beaucoup d’argent et reçu l’aide de nombreuses personnes pour pouvoir venir aux Etats-Unis. On compte bien se faire entendre”. Les salariés démentent faire de l’ingérence et expliquent qu’ils s’attaquent à l’ancien patron de Bain Capital, plutôt qu’au candidat Mitt Romney.

La plainte des salariés français est loin d’être anodine. Elle pourrait obliger Bain Capital à rendre publics de nombreux documents internes qui prouveraient que l’ex-fonds d’investissement de Mitt Romney a volontairement liquidé le site français pour le délocaliser en Chine. Une polémique qu’attendent impatiemment les démocrates, eux qui n’ont cessé de dénoncer le passé de Mitt Romney à Bain Capital.

Un combat transatlantique

Mais avant de se rendre à Boston pour rencontrer des personnes susceptibles de les aider dans leur action judiciaire, les anciens salariés de Samsonite sont allés soutenir des ouvriers de l’entreprise Sensata à Freeport, dans l’Illinois. Là-bas, 170 salariés sont sur le point de perdre leur emploi après la décision de Bain Capital de délocaliser leur entreprise en Asie. Alors, en attendant la fermeture du site le 5 novembre, soit la veille de scrutin présidentiel américain, les salariés campent devant leur usine. Trente-trois jours que cela dure. “Nous ne partirons que lorsque Mitt Romney viendra nous voir pour parler du problème des délocalisations”, affirme Tom Gaulrapp, l’un des protestataires. Une action qu’approuvent les quatorze salariés français.

Brigitte Petit et ses collègues sont non seulement venus apporter leur soutien moral mais ils sont aussi venus expliquer leur méthode de contestation. Lors de la fermeture de Samsonite en 2007, les salariés de l’entreprise de bagages s’étaient barricadés pendant cinq mois afin d’empêcher Bain Capital d’envoyer les machines en Chine.

Après leur passage dans l’Illinois, les ouvriers français se sont rendus à New York, lundi matin. Ils ont manifesté, aux côtés d’Américains, devant un bureau de Bain Capital. Leur dernier arrêt aux Etats-Unis est à Boston, où leur plainte contre le fonds d’investissement américain a été déposée il y a plusieurs mois. “On travaille sur ce dossier depuis deux ans”, rappelle Brigitte Petit. Ce n’est pas seulement symbolique. On est venu ici pour rencontrer des gens susceptibles de nous soutenir, de nous aider dans notre combat. On devait se manifester physiquement pour obtenir des informations qui pourront faire avancer notre dossier”.

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