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Christian Lacroix

Le créateur français ouvre enfin ses premières boutiques de ce côté-ci de l’Atlantique.

C’est un paradoxe. Le grand couturier français, qui a été découvert par la presse américaine à ses débuts en 1987, distribué chez les plus grands, de Barneys à Saks, n’a pourtant jamais eu pignon sur rue aux États-Unis. Depuis le rachat en 2005 de la société Christian Lacroix à Bernard Arnault (LVMH) par le groupe Falic, ça bouge. Rappelons que les frères Falic – ils sont trois – sont des Américains d’origine libanaise et russe, qui contrôlent un groupe de distribution en Duty Free, n°1 en Amérique du Sud et n°2 aux États-Unis, avec un chiffre d’affaires de 620 millions de dollars (420 millions d’euros).

La première boutique Christian Lacroix a ouvert à Las Vegas en août 2006 au Caesar Palace. "C’était une des villes prioritaires pour nous sur le territoire américain. Nous avons eu la possibilité d’ouvrir là où nous le désirions dans un lieu forum très fréquenté. C’est aussi pour nous l’opportunité de tester le concept des nouvelles boutiques Christian Lacroix dessinées par l’agence Kréo", explique Nicolas Topiol, président de Christian Lacroix qui travaille avec les frères Falic depuis 2002. Diplômé de Wharton, ce Français a travaillé à la Société Générale et avec Apax partners avant de venir s’installer aux États-Unis en 1994 où il a notamment participé à la création de sites de commerce en ligne de joaillerie et horlogerie comme Timezone. com ou Diamond.com.

La deuxième boutique de 180 mètres carrés a été inaugurée à New York en décembre dernier sur la 57e rue. Mélange de baroque et de contemporain, ces magasins portent la patte du couturier avec des papiers peints évoquant sa ville natale d’Arles, des sols en tomettes provençales, des objets chinés en France, et le fameux totem que l’on retrouvera dans tous les points de vente. Cette sculpture, mélange de terre cuite, de verre de Murano et cristaux Swarovski porte tous les codes de la maison: le coeur, la lumière, le rouge. "Le positionnement a été perturbé en France, notamment par la distribution tous azymuts de la ligne de prêt-à-porter Bazaar ou celle des jeans. Ces deux lignes n’ont jamais été diffusées en Amérique où l’image de Christian Lacroix reste associée à la Haute Couture", rappelle Nicolas Topiol. Aujourd’hui Christian Lacroix réalise 10% de son chiffre d’affaires prêt-à-porter aux États-Unis. "L’objectif est de doubler ce chiffre rapidement en augmentant notre distribution dans les grands magasins et les boutiques multimarques et en développant les boutiques en propre", ajoute le président, évoquant Los Angeles et bien sûr Bal Harbour en Floride, où le siège social américain du groupe est implanté.

 

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