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Corneille à la conquête du marché américain

Après avoir séduit la France et le Québec avec ses deux opus en français « Parce qu’on vient de loin » en 2003 et « Les marchands de Rêves » en 2005, Corneille repart à zéro sur le marché américain. Avec son premier album en anglais « The birth of Cornelius » déjà en vente au Canada, au Japon et dans l’Hexagone, le chanteur se lance à la conquête des Etats-Unis.

Dans un bar à New York, lumière tamisé, résonne «  Je suis Africain à New York », chanté avec un arrière accent anglais par un public composé de journalistes des médias les plus importants du pays et de professionnels de la musique. Pour son premier show case dans un bar à New York, Corneille a mis les petits plats dans les grands. Normal pour un artiste lancé par un des plus prestigieux labels américains, Motown Record. Avec cette reprise de Sting qui est le seul morceau en français de son album « The birth of Cornelius », Corneille a tout dit ou presque.

Né en Allemagne en 1977, il part habiter au Rwanda d’où ces parents sont originaires. Là-bas, Corneille fait partie d’un groupe de R’n’B et remporte le concours “Découverte 1993” de la télévision rwandaise. Lorsque que le génocide s’empare du pays en 1994, il fuit en Allemagne. Sa famille, elle, ne survivra pas. Seul, il immigre en 1997 au Québec avec toujours en tête sa passion pour la musique. A Montréal, il fait la rencontre de Pierre Gage et Martin Gardy. Ensemble, ils forment le groupe R’n’B O.N.E. En 2001, il quitte ses compagnons pour se lancer dans une carrière solo. C’est avec ses origines et ce vécu tragique, qu’il estime faire la différence sur la scène américaine. « Il n’y a aucun artiste ici qui soit francophone et africain », assure-t-il. « C’est parce que j’écris et compose en français que ma façon d’amener les mélodies est différente », ajoute la chanteur canado-rwandais.

Même si la langue de Molière l’aide dans sa créativité artistique, c’est la langue de Shakespeare qui lui a donné goût à la musique. « Tous les artistes que j’ai aimé et qui m’ont donné envie d’être chanteur sont américains. Quand j’ai commencé, c’était un album en anglais que je voulais faire. Mais comme j’habitais au Québec, il était plus difficile de percer en anglais », se souvient-il.

Il ne regrette rien, bien au contraire. Son premier opus en français de 2003 « Parce qu’on vient de loin » contenant un de ses plus gros tubes « Seul au monde », a été vendu à plus d’un million et demi d’exemplaires dans le monde. Surfant sur la vague du succès, Corneille sort un second album en 2005, “Les marchands de rêves”. Après ce triomphe, le chanteur décide de se retirer afin dit-il, « de se retrouver ». Après deux ans d’absence de la scène médiatique, il revient avec un projet et pas des moindres : s’imposer en tant qu’artiste soul et R’n’B aux Etats-Unis. « Ce que je trouve le plus dur, c’est cette impression que l’on doit convaincre les gens de nouveau », ressent-il. Dans son album « The birth of Cornelius » dont la sortie est prévue début 2009 aux Etats-Unis, les titres sont tous des inédits. « J’ai été tenté de reprendre certains de mes tubes mais ma femme m’a traité de paresseux », confie-t-il amusé.

Avec cet opus dont le titre sonne comme le premier album de sa carrière, Corneille renaît dans un pays où tout lui semble possible, quelque soit le domaine de prédilection. Evidemment, la victoire de Barack Obama à la présidentielle américaine conforte l’image qu’il a des Etats-Unis. « Je ne pensais que ce genre d’idéalisme pouvait gagner aussi en politique. Avec ma femme, on était en pleurs le 4 novembre », raconte-t-il.

A 31 ans, Corneille a encore et toujours des projets pleins la tête dont celui d’écrire avec sa femme Sofia de Medeiros son prochain album en français prévu pour fin 2009. « Je ne me sens plus seul au monde», dit-il faisant référence à son titre phare. « Mais je la chante encore pour ceux qui le sont encore », conclut le chanteur tel un vieux sage.  

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