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Courir après l’or à New York

L’édition 2007 du plus célèbre marathon du monde doit attirait plus de 35 000 participants. En plus d’être un événement sportif, culturel et social, cette course à pied s’avère être un redoutable moteur économique.

Pour avoir la chance de parcourir les 42,195 kilomètres à travers les cinq boroughs de New York, il faut, des mois à l’avance, se préparer physiquement et psychologiquement. Surtout psychologiquement, d’ailleurs. Alors que tout sportif amateur envisage le marathon du premier dimanche de novembre comme un exercice pour son corps, la véritable prouesse commence en réalité dès l’inscription. Une véritable mine d’or pour le business.

Certains auront peut être tenté de réserver un hôtel pendant les dates du marathon sans y parvenir. La renommée de la célèbre course initiée chaque année par le New York Road Runners (NYRR) depuis 1970 fait exploser les réservations des semaines à l’avance. Hôtels, restaurants, spectacles, des centaines de milliers d’américains et de touristes voient dans cet événement l’occasion de découvrir la célèbre presqu’île.

En 2006, Ils étaient 37 000 à courir et selon le NYRR, plus de 2 millions à se serrer autour des barrières pour les encourager. Des Américains venus des 50 États et des étrangers en provenance de plus de 100 pays déferlaient dans les rues de la mégalopole pour faire le bonheur des commerçants.

L’hôtellerie et les boutiques de souvenir ne sont pas les seuls à se frotter les mains. L’année dernière, la retransmission sur la chaîne NBC attiraient plus de 315 millions de téléspectateurs : une performance à ne pas rater pour les annonceurs et les sponsors comme Nike ou Adidas qui jouent des coudes pour obtenir un espace publicitaire.

Plus surprenant encore, les 27 millions de dollars de chiffre d’affaires générés par le NYRR pour la course uniquement, écrit le SportsBusiness Journal. Bien que les coûts de l’organisation soient titanesques, le New York Road Runners devrait tout de même atteindre les 6 millions de profits, selon l’hebdomadaire. Un joli coup pour le club sportif pourtant à but non lucratif, qui fait grincer les dents des amateurs de sport.

Car si les gains sont aussi importants, c’est entre autres dû à une inscription quelque peu hasardeuse. Ils étaient plus de 100 000 à vouloir tenter la course cette année. Sur cette centaine de milliers, seuls 50 000 seront retenus pour l’ING New York City Marathon. En plus de répondre à des critères de sélection drastiques, les participants qui ne sont pas des sportifs professionnels sont soumis à un système de loterie. Plus de 60.000 personnes auront payé les 10 dollars d’inscription au tirage sans être autorisé à porter le brassard. À côté de ces 400.000 dollars, il faut en ajouter plusieurs centaines de milliers d’autres. En 2006, sur les 60.000 participants autorisés à s’inscrire définitivement pour un tarif avoisinant les 100 dollars, ils étaient plusieurs milliers à ne pas courir. Problèmes de dates, d’avion, de santé ou tout simplement de renoncement, 13 000 n’ont finalement pas participé au marathon, contribuant à gonfler le pactole.

Les coureurs professionnels trouvent eux aussi l’événement rentable. La récompense pour le gagnant, qui s’élève tout de même à la somme de 600.000 dollars, devient une goutte d’eau dans un bain de plus en plus mousseux. Toujours selon l’article du SportBusiness Journal, en 10 ans, le taux de participation a enflé de 31%. « C’est une période très profitable pour les marathons et les courses longue distance », avoue Mary Wittenberg, la directrice du NYRR. Il ne reste qu’à espérer que dans la deuxième ville du monde où le PIB est le plus élevé, l’argent ne devienne pas le seul intérêt de ce marathon mythique.

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