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Daniel Brondel, profession : organiste à Saint-Patrick

Vingt-quatre ans après son émigration aux États-Unis, Daniel Brondel est aujourd’hui à un poste inattendu, celui d’organiste à la Cathédrale Saint-Patrick de New York. Une récompense pour celui à qui on ne promettait en France aucun avenir dans la musique.

Assis sur les bancs des choeurs de la cathédrale Saint-Patrick à New York, Daniel Brondel admire la vue imprenable sur la nef.  Depuis trois ans, le natif du Lot-et-Garonne est un des organistes de l’édifice new-yorkais. Cinq fois par jour, il joue un office, pendant trente minutes. Ce poste, graal pour n’importe quel organiste, Daniel Brondel n’y rêvait même pas il y a encore quelques années.

Tombé amoureux de la mentalité américaine lors d’un séjour à la Nouvelle-Orléans à l’été 1987, le jeune homme de seulement 18 ans s’installe à Atlanta pour finir le lycée. « En France, on me disait que j’avais commencé le piano trop tard (ndlr 8 ans), que je ne ferais jamais carrière dans la musique. Ici, au contraire, il n’y a pas de limites arbitraires ». Incité par ses professeurs qui voit en lui un grand potentiel, Daniel Brondel passe une audition et obtient une bourse complète à l’université d’Atlanta en spécialité musique.

Ce n’est qu’à 20 ans, alors qu’il se trouve en deuxième année, qu’il assiste à son premier récital d’orgue. Coup de coeur pour celui qui n’était jusqu’alors qu’un passionné de piano. Déterminé à apprendre, Daniel Brondel se lève tous les jours à 4 heures du matin pour répéter à l’université, avant que la salle ne soit prise par les cours. « Je menais une vie un peu dingue. Je ne sais pas comment j’ai tenu. J’ai vraiment appris à survivre avec rien ». À côté de ses études, Daniel Brondel joue dans une église méthodiste de la banlieue d’Atlanta pour se faire un peu d’argent. L’université terminée, il fait le choix de se concentrer sur l’orgue et est admis, après plusieurs auditions, à la très prestigieuse et très chère école de Eastman à Rochester. Là encore, une bourse complète lui est accordée, au vu de son talent. Plusieurs récompenses plus tard, et alors qu’il s’est lancé dans un doctorat, Daniel Brondel arrête les cours. Après un poste d’organiste dans une église catholique à Rochester, le Français réalise enfin son rêve et s’installe à Manhattan.

La consécration à New York

Pendant quatre ans, Daniel Brondel va officier dans la très célèbre Actors’ Chapel. C’est historiquement dans ce lieu que venaient se recueillir les acteurs et les danseurs de Broadway. « Il y a aujourd’hui encore des messes très tard le soir pour ceux qui ont des horaires très différents, notamment les personnes qui travaillent dans les comédies musicales. C’était aussi là que l’âge d’or d’Hollywood se retrouvait ». Après quatre ans dans cette chapelle du Theatre District, Daniel Brondel accède au poste suprême d’organiste et de directeur artistique adjoint à la cathédrale Saint-Patrick. « Le cardinal voulait développer la musique traditionnelle catholique. Et grâce à mon expérience chez les anglicans, j’avais les connaissances requises ». Aujourd’hui encore, Daniel Brondel semble être étonné de son parcours. On ne lui présageait aucun avenir dans la musique en France, et il se retrouve aujourd’hui dans une des églises les plus médiatisées au monde. Point d’orgue de sa carrière, le récital de Bach qu’il a joué pour le Pape Benoît XVI en 2008. « Avant de partir, il a levé les bras vers les chorales et moi-même. Ce geste d’approbation est inoubliable ! » Prochaine étape pour ce Français décidément très ambitieux, la sortie d’un album le mois prochain The Glory Of Organ.

 

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