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Daniel Larrieu

Le chorégraphe français Daniel Larrieu présentait lundi sa performance à la FIAF de New York, dans le cadre du festival Crossing the lines qui se poursuit jusqu’au 30 octobre.

Une soixantaine de personnes, dans le hall de l’Alliance Française de New York, attend le début du troisième rendez-vous donné à des chorégraphes par Cécile Pitois autour de son installation “inhale-exhale A to C”. Après le tendre duo de Kota Yamazaki et Mina Nishimura, puis la performance physique et méditative de Myriam Gourfink, c’est donc au tour de Daniel Larrieu de s’emparer de l’œuvre de l’artiste : une barre en métal de 7 mètres de long posé au sol au milieu d’une pièce rectangulaire, avec deux indications d’espace, A et C, et le titre “inhale-exhale”. Le public patiente, séparé de l’installation par une vitre. Un des organisateurs distribue une feuille imprimée : la soirée a un mode d’emploi précis écrit par Daniel Larrieu lui-même.

Le chorégraphe demande dès les premières lignes de ne surtout PAS éteindre nos téléphones portables et de choisir la sonnerie qui nous semble la plus appropriée à la soirée. Le public est ensuite partagé en deux groupes. Le premier se dirige dans le sous-sol de la Fiaf où on lui offre des cookies et du jus de cerise… pour visionner Waterproof, le film aquatique du chorégraphe. Le second groupe reste debout, dans le hall, un peu décontenancé. Une sonnerie d’ascenseur se fait entendre et Daniel Larrieu apparaît, en jaune et blanc. Il entre dans la pièce vitrée, seul, et commence à investir l’espace, tel un poisson dans un aquarium. Ses gestes sensuels, doux et rassurants envahissent la pièce et communiquent avec l’installation de Cécile Pitois. Le mode d’emploi invite “à ne pas le regarder trop fixement” et les spectateurs, tous ensemble dans une respiration silencieuse, partagent un même souffle entre deux espaces vitrés : l’aquarium poétique de Daniel Larrieu et la rue, derrière, sombre et bruyante.

Au bout d’une dizaine de minutes, la porte s’ouvre. Le public peut rejoindre le chorégraphe dans cette bulle d’air qu’il vient de s’approprier, et s’asseoir par terre, autour de la pièce de métal. L’acte II de la soirée peut commencer. Daniel Larrieu tient dans ses mains une boîte en carton remplie de petits papiers et, s’approchant de ses invités, il leur demande de tirer au sort la suite des événements chorégraphiques. Il danse ainsi la Danse pour un homme seul, qu’il dédie à une jeune femme du public, l’Hommage à Trisha Brown ou Une chute. Mais très vite, c’est le public lui-même qui est invité à participer. Il l’aide à faire le funambule, à effectuer une danse invisible ou encore invite Cécile Pitois à danser une “slow dance”. Une ambiance ludique et douce s’installe. Le public rit de lui-même, le danseur aussi, tous émus de cette performance chorégraphique commune.

La soirée se termine par un solo du chorégraphe tout aussi doux, sur une musique aux sonorités monteverdiennes. Avec l’élan de la caresse, le tremblement de la main et l’émotion fragile, Daniel Larrieu donne une polarité à cet espace qui devient le reflet de son intériorité et de sa tendresse. La pièce s’accomplit sans doute dans ce dernier geste où la main du danseur, collée au mur, renvoie trois ombres différentes. Une pièce bouleversante sur le sentiment d’exister.

À voir jusqu’au 20 octobre, l’élégante installation de Cécile Pitois “inhale-exhale A to C” à la FIAF de NY.
www.fiaf.org

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