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Dans le New Jersey, l’essor d’une école franco-américaine

Depuis bientôt quatre ans, The French Academy of Bilingual Culture propose un programme franco-américain aux enfants du New Jersey. Créée par Anne-Sophie Gueguen, une Française, l’école de New Milford grandit chaque année un peu plus en prenant le meilleur des deux systèmes éducatifs.

Si l’école bilingue The French Academy of Bilingual Culture se définit comme laïque, « son histoire est faite de nombreux petits miracles », aime répéter Anne-Sophie Gueguen, la directrice . Le premier s’appelle Maya, comme la petite dernière de la famille, qui a donné l’idée à sa maman de fonder l’établissement aujourd’hui situé à New Milford, dans le comté de Bergen, à l’est du New Jersey.

L’aventure américaine des Gueguen débute en 1999. « Avec mon fils, nous avons suivi mon mari qui partait de Paris pour son travail », explique Anne-Sophie. Après une première étape à Miami et deux enfants plus tard, c’est encore pour des raisons professionnelles que le couple s’installe dans le New Jersey. « Et puis en 2006, comme cadeau de la quarantaine, un quatrième bébé était un route », se souvient-elle. « Je voyais le français faiblir chez les trois grands. Si je ne faisais rien, cette petite fille que j’attendais ne saurait plus parler français. »

Bien sûr, il y avait déjà quelques écoles françaises ou bilingues aux alentours, à l’image de la French American School de Princeton ou celle de New York. Mais toutes étaient situées à une heure et demie de route du noyau de familles d’expatriés au nord du Garden State. « Pour de jeunes enfants, trois heures de route aller et retour par jour, c’est beaucoup trop ! »

Début à Dumont

Alors en février 2007, Anne-Sophie Gueguen décide de créer l’entité juridique de French ABC.  Au mois de septembre suivant, 25 élèves font leur première rentrée, dans le sous-sol d’une église catholique à Dumont. « A cette époque, nous proposions seulement des activités “after school” ». Le test est concluant et 2008 voit l’ouverture d’une maternelle, de la petite à la grande section, puis le déménagement à New Milford l’année d’après. «  Nous devions quitter Dumont car notre bail finissait au 30 juin 2009 mais nous n’avions pas trouvé de locaux. Et puis, à quelques jours de la date fatiditique, le diocèse nous a proposé de visiter une ancienne école catholique. Il y avait un laboratoire de sciences, un gymnase et une cafétaria. En 24 heures, l’affaire était bouclée. »

Un autre miracle. Aujourd’hui, du passé religieux de ces lieux, il reste le panneau annonçant l’horaire des messes à l’entrée du site, la croix sur le toit et une statue à taille humaine de Jésus, qui devrait être enlevée d’ici à quelques semaines. «Cela gêne beaucoup certaines de nos familles de confession juive », souligne la fondatrice.

Face à l’engouement pour l’école bilingue qui aujourd’hui compte 80 enfants en “full time”, 110 en “after school” et 20 adultes, un second campus a vu le jour à la rentrée 2010 dans la ville de Morris Plaines, accueillant 40 enfants inscrits en maternelle. «  Nous allons mettre en place un bus entre les deux écoles pour les enfants qui souhaiteraient continuer l’élémentaire à New Milford », explique Anne-Sophie.

Et à chaque rentrée, l’école devrait grandir avec ses élèves puisqu’une nouvelle classe à double niveau CE2-CM1 accueillera des élèves en septembre prochain, après un CP et un CE1 ouvert respectivement en 2009 et 2010. Objectif : atteindre le 8th grade, qui correspond au niveau précédant la coupure avec le lycée. « A cet âge-là », ajoute la fondatrice de French ABC, «  les adolescents sont assez grands pour voyager tout seuls jusqu’à Manhattan ou à The Bergen County Academies. »

L’anglais enseigné petit à petit

Dans les petites classes, l’enseignement se fait donc majoritairement en français afin de consolider les fondations. L’anglais lui est introduit à raison de trois heures par semaine dès la petite section, puis progressivement les cours sont donnés de manière égale dans les deux langues à partir du CM1. « En grandissant dans un environnement américain, il n’y a de toutes façons pas de souci concernant l’apprentissage de l’anglais », précise Anne-Sophie Gueguen.

« Pour “l’afterschool”, on leur donne des outils afin qu’ils s’expriment rapidement en français », précise Claudine Parloff, la responsable des cours extra-scolaires. « On insiste sur la lecture, l’écriture de base pour communiquer par exemple par email avec les grands-parents sans faute. » Mais les cours après l’école se veulent aussi un moyen de s’immerger dans la culture française, en abordant des thèmes comme l’art, l’histoire ou les codes de la société. Du côté des adultes, le public étudiant le français sont souvent des parents déstabilisés par un enfant qui maîtrise une langue qu’eux ne parlent pas ou des jeunes cinquantenaires anglophones qui par goût désire s’améliorer en français.

Sur les bancs de l’école,  seulement 30% des enfants sont issus de familles françaises et 40% de familles mixtes. Enfin, un pourcentage croissant de familles américaines ne parlant pas le français à la maison, font également le choix du bilinguisme poussé par l’attrait de la culture.  « Dans les écoles publiques américaines, les programmes de langues sont aussi en déclin. Certains parents veulent anticiper», souligne la directrice.

C’est le cas de Sonia Park, maman de Kathy, 5 ans et Jackie, 4 ans qui fréquentent les classes de French ABC depuis septembre 2010. Originaires de Corée avec son mari, elle parle allemand, lui russe, mais en anglais à la maison tandis que leurs filles jouent en français. « Nous avons choisi l’école pour la qualité de l’éducation. Le français est aussi une langue utile pour l’avenir et nous voulons que nos enfants aient des bases solides pour une deuxième langue. »

Déjà Nicolas, 18 mois, le petit frère qui n’est pas encore scolarisé, sait lui aussi dire quelques mots dans la langue de Molière, à force de passer du temps avec l’équipe d’éducation, puisque Cathy est la présidente de la Parent-teacher association (PTA). D’avril à août derniers, elle a suivi un programme de soutien avec ses filles, afin qu’elles aient un niveau suffisant pour rentrer à l’école. « Quand vous n’êtes pas immigrants de première génération, c’est difficile de vous motiver à apprendre», explique-t-elle. « L’objectif aujourd’hui, c’est de continuer à étudier de mon côté,  afin de leur offrir un soutien pour leurs devoirs. »

Prendre le meilleur des deux systèmes éducatifs

Bénédicte Singh fait aussi partie du PTA. Française mariée à un Indien, elle est installée aux Etats-Unis depuis quinze ans. Mettre Raphaël, 7 ans, et Shanti, 5 ans, dans une école bilingue était une nécessité. « J’étais une minorité au sein de notre foyer puisque j’étais la seule à parler français. J’avais besoin que mes enfants communiquent avec ma famille », raconte-t-elle. « Je veux qu’ils grandissent dans un environnement multiculturel, sans avoir aucune timidité à passer d’un monde à l’autre. »

L’autre argument des parents et de la directrice, c’est celui de prendre le meilleur des deux systèmes éducatifs. «  Le système américain donne de la motivation et de la reconnaissance aux enfants. En même temps, j’a vu des mentions « good job » à toutes les sauces sur devoirs qui étaient des torchons bâclés, ce qui n’a pas de sens. Sans aller jusqu’à agir comme la Tiger Mom (Amy Chua, Battle Hymn of the Tiger Mother, ndrl), le système français est tout de même plus strict, discipliné mais moins compétitif.  Il faut trouver un juste milieu entre les deux pour l’équilibre des enfants. »

Afin d’éviter tout décrochage, l’équipe éducative comprend, en plus des professeurs, un “learning consultante”, pour aider les professeurs à revoir les points académiques, mais aussi un “basic skill teacher” qui travaille en individuel avec les écoliers.  « Il faut que l’enfant reste au cœur du processus de l’apprentissage, dans ce triangle qui est constitué par les parents, les enseignants et l’administration », insiste Anne-Sophie Gueguen. Une proximité qui joue tout son rôle lors de la fête de l’école ou du festival du livre bilingue, événements organisés pour ces récoltes de fonds qui servent à financer le fonctionnement.

Des activités qui impliquent aussi l’investissement des parents. «  Parfois, c’est assez difficile pour les familles françaises qui arrivent et qui n’ont pas l’habitude. Mais ce sont des petites opérations comme celles-ci qui contribuent à la vie de l’école et font le charme de la communauté. » Autre avantage, des frais de scolarité qui ne dépassent pas 10000 dollars par an, une aubaine qui explique la longue liste d’attente, quand on sait qu’une année en primaire coûte en moyenne 22 000 dollars dans une école privée.

Homologuée par la Middle state association of colleges and schools, qui harmonise et vérifie la valeur des programmes, French ABC attend aujourd’hui l’accréditation de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). La réponse devrait être donnée en mai.

Pour en savoir plus :

http://www.thefrenchabc.com/

 

  • Bonjour, Je suis une camerounaise agée de 34 ans et dans quelques mois je vais rejoindre mon mari dans le new jersey ou il a été affectée pour le travail. J’ai 5 enfants et j aimerai travailler dans votre établissement. J’ai un master 2 informatique mais je suis aussi douée avec les enfants (dans l’encadrement), dans l’enseignement aussi je peux faire mes preuves, bref dans tout ce qu’il y’aura comme travail. Car j’aimerai travailler dans votre école vue qu’elle est francaise a la rentrée prochaine.. Merci de me contacter s’il y’a n’importe quoi pour moi. Et au besoin j’enverrai mon CV.
    Cordialement

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