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De nouveaux assistants partent enseigner l’anglais en France

Lundi matin, l’ambassade à New York grouillait de jeunes Américains partageant la passion de la France. Ils étaient plusieurs dizaines à avoir répondu à l’invitation des services culturels, qui leur offrait un petit déjeuner et la possibilité de se rencontrer avant leur départ. Ces jeunes participent au programme d’assistanat coordonné par Carolyn Collins, à l’ambassade de Washington.

Tous les ans, ils sont toujours plus nombreux à souhaiter partir enseigner dans l’Hexagone le temps d’une année scolaire. Ils étaient 2 327 candidats à travers les Etats-Unis cette année (sans compter ceux des programmes de NYU et MICEFA) contre 2 080 l’an dernier (en comptant ces deux programmes). Pour l’année scolaire 2011-2012, 1 450 personnes se sont vu affecter à un poste.

Les affectations ne sont pas encore connues pour la rentrée prochaine. Emily sait qu’elle sera dans l’Académie de Nantes, qui était son premier choix, mais ne connaît encore ni la commune ni l’établissement où elle prendra ses fonctions en septembre. Diplômée du Carleton College, elle a suivi un double cursus en français et en danse. La majorité des assistants sont dans son cas et choisissent généralement de partir à la fin de leurs études.

En revanche, Lisa était déjà sur le marché du travail, dans le milieu de la production. A 24 ans, elle a choisi de retourner en région parisienne, où elle avait étudié un semestre. Le petit déjeuner de l’ambassade est l’occasion pour elle de rencontrer non seulement ceux qui partent en même temps, mais aussi quelques anciens du programme. Lindsay est ainsi rentrée de Lyon il y a deux ans. Son principal conseil : “où que soit l’établissement, c’est bien d’habiter en ville”. Elle-même a résidé dans Lyon tandis qu’elle enseignait à environ une heure en transports. “On donne 12 heures de cours par semaine donc on a beaucoup de temps libre”, explique la jeune fille. “C’est bien de ne pas être isolé à la campagne.”

Un réseau d’assistants américains

Cette transmission des expériences, c’est ce que souhaitait mettre sur pied Florence Barnier, du service éducation de l’ambassade. “En 2011, on a organisé le premier événement de ce genre à Washington. Quelques autres ont suivi ailleurs. Mais c’était toujours avec les assistants qui revenaient”, note-t-elle. “Aujourd’hui, on cible un nouveau profil : ceux qui s’apprêtent à partir, pour les intégrer dès maintenant à ce grand réseau.” Ensuite, les assistants travaillent eux-mêmes à garder le contact, notamment via un site internet d’échange.

Une expérience qui peut parfois aider à trouver un emploi par la suite, étant donné qu’elle est valorisée par la Chambre de commerce franco-américaine (FACC) par exemple. L’une des membres de celle de New York, Ariane Daguin, était présente à l’ambassade pour saluer les jeunes sur le départ. La productrice de foie gras et fondatrice de l’entreprise D’Artagnan a rappelé qu’elle aussi avait fait l’échange, mais en sens inverse : “Il y a plus de 30 ans, je suis venue étudier les Sciences politiques à New York, à l’université de Columbia. Mais je n’ai pas fini car j’ai eu une opportunité de travailler à la charcuterie Les 3 petits cochons”. Encourageant les futurs assistants, elle a souligné que “les opportunités sont partout, pas seulement aux Etats-Unis”. Elle a obtenu la double nationalité il y a un an et se félicite de l’avantage social que le bilinguisme offre à sa fille.

Antonin Baudry, le conseiller culturel de l’ambassade à New York, a également insisté sur les horizons que cette experience transatlantique ouvre : “avoir deux yeux permet de voir en trois dimensions. De même, avoir deux pays, deux cultures, donne une véritable profondeur d’analyse.”

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