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De Saint-Etienne à DC, le rêve américain de Serge Réveillé

Originaire de la Loire, Serge Réveillé a tout quitté en 1987 pour rejoindre sa girlfriend américaine. Sans papiers et sans parler l’anglais, cet ancien employé de banque a fait son chemin, depuis les chantiers au noir jusqu’à la direction d’entreprise.

Jeune conseiller financier à Saint-Etienne, Serge Réveillé n’a pas hésité longtemps quand Jennifer, la jeune étudiante américaine qu’il fréquentait alors, a dû repartir chez elle, en 1987. « C’était l’amour fou, alors j’ai démissionné de mon boulot et j’ai tout laissé tomber pour venir aux Etats-Unis », résume sans regret le Stéphanois. Adieu la France, Saint-Etienne et le Crédit Mutuel où il travaillait, Serge met le cap sur l’Amérique, un pays qu’il ne connaissait à l’époque que sur carte postale.

Débarquant à Washington muni d’un simple visa touristique, Serge va connaître des débuts d’immigré clandestin. Sans papiers ni connaissance de la langue – « je savais dire “house”, “car”, mais je ne savais pas dire “la voiture est garée devant la maison” » –, il se retrouve au plus bas de l’échelle sociale. « J’ai commencé par travailler sur les chantiers, au noir, à 5 dollars de l’heure… », se rappelle-t-il. Ses lacunes linguistiques seront vite comblées grâce à six mois de cours. Quant à ses problèmes administratifs, il les réglera dès son premier été en Amérique en se mariant avec sa belle.

En bon Frenchy, c’est dans la restauration que Serge décide ensuite de se lancer. D’abord serveur, il prend des cours du soir pour devenir sommelier. Et petit à petit, c’est l’engrenage : représentant en vins, directeur des ventes, il finit par acheter des parts dans la société qui l’emploie… avant d’en prendre la tête. Loin de sa Loire natale, il vit le rêve américain.

Réussite sociale, familiale – avec la naissance de deux petits Franco-américains – Serge est à la recherche d’un nouveau challenge. Il envisage d’abord de reprendre un restaurant avant de se décider pour un magasin de vélos de Georgetown, mis en vente par son propriétaire octogénaire. La petite reine ne lui est pas totalement étrangère puisque dans sa jeunesse le Stéphanois a été champion départemental de la discipline.

Si dans un premier temps, Serge cumule la vente de vins et de vélos, il décide en 2009 de mettre la pédale douce et de se consacrer entièrement à son magasin. « Je suis maintenant aux 35 heures ou presque, comme si j’étais en France », se réjouit-il. Un gain de temps libre aussitôt comblé par un retour sur selle et à la compétition sportive.

« C’est un peu du business relation pour mon magasin, et comme j’ai le temps j’en profite », précise-t-il. Pas à un défi près, Serge ne se contente finalement pas du vélo, et s’est aussi mis au triathlon. Un énième challenge qui lui sourit puisqu’il a, début novembre, participé à Las Vegas au championnat du monde de la discipline et a trouvé le moyen de remporter deux semaines plus tard – dans la catégorie 50-54 ans – le premier Ironman (4km à la nage, 180 en vélo et un marathon) auquel il participait.

Et pour son prochain défi, Serge Réveillé compte remettre ça… en France. Comme pour boucler la boucle dans le pays qu’il a quitté il y a bientôt vingt-cinq ans.

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