Subscribe
piaf-the-show-ad-anne-carrere-edith-carnegie-hall-new-york

Décès du célèbre restaurateur français Jean-Claude Baker

Jean-Claude Baker était une figure locale de la communauté française et de la gastronomie new-yorkaise depuis l’ouverture de son restaurant à Midtown Manhattan, “Chez Joséphine”, en 1986. Il a été retrouvé mort jeudi matin ; il s’agirait d’un suicide.

Personnage extravagant, Jean-Claude Baker tenait depuis vingt-neuf ans un restaurant à son image : coloré et mondain. “Chez Joséphine”, situé au 414 West 42nd Street, n’était pas sans rappeler les années folles. Ces années pendant lesquelles Josephine Baker, encore inconnue du grand public, dansait sur Broadway dans la comédie musicale Shuffle Along, avec pour la première fois une distribution entièrement noire. C’est à cette folle époque, et à celle qu’il considérait comme sa mère adoptive que Jean-Claude Baker a voulu rendre hommage en ouvrant son établissement. A toute heure de la journée, des pianistes jazz se produisaient au piano du bar pendant que des danseuses couvertes de plumes dansaient entre les tables.

Un destin hors du commun

Petit garçon abandonné par son père, Jean-Claude Julien Léon Tronville rencontre Joséphine Baker en 1958. Il est alors employé de l’Hôtel Scribe. “J’avais 14 ans, elle 52. Quand je suis arrivé dans sa chambre, elle m’a dit : ‘Est-ce que tu aimes ta mère, petit ?’ J’étais choqué parce que personne ne se souciait de moi à l’époque. Cinq minutes plus tard, j’étais assis sur le lit pour lui raconter mon histoire”, confiait-il en 2012 à France-Amérique.

Ancien mannequin, personnage des nuits de Berlin Ouest, Jean-Claude n’a jamais été officiellement adopté par Joséphine Baker. “Avec son ex-mari, Jo Bouillon, ils avaient recueilli douze enfants du monde entier et les appelaient “La tribu Arc-en-ciel”. Avec moi, nous étions treize à la douzaine, j’étais le plus vieux, celui qu’elle avait eu gratuitement et le seul avec qui elle a partagé la scène”, plaisantait le très jovial restaurateur. A la fois manager, confident, porte-parole, secrétaire, il reste au service de cette “Cléopâtre des temps modernes” jusqu’à sa mort en 1975. Ce n’est que huit ans plus tard qu’il prend son nom en même temps que la nationalité américaine.

Après sa disparition, il lance Télé France-USA en 1976, une chaîne sur le câble américain faisant la part belle à l’actualité française. Il vendra ses parts de l’entreprise au gouvernement français de Mitterrand, sept ans plus tard. C’est à ce moment-là qu’il décide d’ouvrir “Chez Joséphine”, à Hell’s Kitchen, un red-light district qui n’avait rien du Midtown Manhattan d’aujourd’hui. “C’était un endroit affreux, dans un quartier abandonné de New York où personne ne voulait mettre les pieds. Mais j’étais à moitié ruiné et il fallait que je trouve le moyen de gagner de l’argent”, racontait le propriétaire.

Jean-Claude Baker n’avait aucune expérience dans la restauration. Comme il aimait à le dire, “j’étais allergique à l’ail, mais j’aimais les gens.” Son sens de la fête allié aux jazzmen renommés qui se produisaient régulièrement dans son restaurant avaient fait de Chez Joséphine un lieu incontournable pour les célébrités new-yorkaises.

Selon ses proches, cités par le New York Times et le New York Post, Jean-Claude Baker, qui luttait contre une dépression chronique depuis des années, se serait suicidé dans sa résidence de East Hampton. Il avait 71 ans.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related