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Départementales : triomphe modeste de la droite, déception relative du FN, le PS fourbu

La droite affichait lundi un triomphe modeste et le FN cachait sa déception, au lendemain de départementalescuisantes pour le PS qui, fourbu, cherchait les voies d’une renaissance.

66 départements pour l’UMP-UDI, 34 à gauche, 25 gains pour la droite (un seul à gauche, la Lozère) et zéro pour le FN. Côté majorité, impossible d’esquiver l’ampleur de l’échec, symbolisé par la perte de territoires emblématiques des grandes voix de gauche: la Corrèze de François Hollande, l’Essonne de Manuel Valls, la Seine-Maritime de Laurent Fabius, les Deux-Sèvres de Ségolène Royal, la Saône-et-Loire d’Arnaud Montebourg… Julien Dray, qui fut porte-parole du PS, se souvient que jadis, dans les congrès de son parti, on parlait des “Bouches-du-Nord”, pour évoquer deux fédérations massives: les Bouches-du Rhône et le Nord de Martine Aubry, alors considérés comme deux piliers imprenables. Lundi matin, l’UMP Gérald Darmanin, visiblement ravi, jouait cependant la prudence modeste: ce net succès de la droite, “ça ne veut pas dire qu’on gagnera les régionales ou qu’on gagnera la présidentielle. Ça veut dire qu’on a retrouvé le lent travail que la droite avait perdu depuis quelques mois et qu’elle retrouve tout doucement, le retour au peuple et la construction d’un projet politique”.

Même modération chez l’ex-ministre UMP Bruno Le Maire: “On oublie que 50% des Français n’ont pas voté! Un peu de modestie, un peu de patience… Je pense que ce sera utile pour ne pas décevoir nos électeurs et pour aller reconquérir tous ceux qui ne sont pas allés voter pour nous.” Au soir du premier tour, le député de l’Eure avait assuré qu’il n’y avait “aucune leçon présidentielle à tirer” du scrutin. M. Darmanin a pour sa part salué lundi “une victoire personnelle de Nicolas Sarkozy, même si d’autres cadors de notre famille politique ont un rôle très important”.

Un de ces “cadors”, François Fillon, avait été la veille assez peu disert, soulignant que ce “grand succès” départemental entraînait “une responsabilité très lourde” pour son camp: “conduire un projet d’alternance”. Au PS, les proches de M. Hollande faisaient bloc autour de l’exécutif, durement sanctionné par l’électorat et mis en cause dès dimanche soir par les frondeurs du PS dont une figure, Jérôme Guedj, a perdu la présidence de l’Essonne. M. Valls, qui a paru affecté dimanche soir à l’annonce des résultats, a décidé d’annuler son déplacement prévu mardi en Allemagne. Le Premier ministre “a jugé qu’il devait être présent” à la réunion des députés PS, ainsi qu’à la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée, selon son entourage. Il devait assister au Conseil des ministre franco-allemand, puis se rendre à la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort.

‘Recommencer tout à zéro’

Bruno le Roux, chef de file des députés PS, pointait encore et toujours la désunion de la gauche: “Je dis aux partenaires +pourquoi attendre le second tour pour se réunir quand nous aurions pu le faire avant?+ Nous gérions ensemble les départements, et là nous avons perdu par bêtise politique, par division factice, nous avons perdu des départements et donc des services de proximité pour nos concitoyens, sur une logique qui était beaucoup trop politicienne.” Il devait participer dans l’après-midi, avec le numéro un socialiste Jean-Christophe Cambadélis, à une réunion avec les écologistes. Des négociations naissantes qui promettent d’être longues alors que l’imminence d’un remaniement gouvernemental semble s’éloigner.

Les écolos pro-retour dans l’exécutif doivent se réunir samedi. L’un d’eux, le député François de Rugy, a pris sa part de responsabilité, parlant lundi d'”un échec pour la majorité dans son ensemble”. “D’ailleurs, on voit bien qu’il n’y a pas de distinction: la gauche, qu’elle soit socialiste, Front de Gauche, écologiste, perd ces élections. Par ailleurs, les frondeurs du PS n’ont pas tiré leur épingle du jeu.” Pour Julien Dray, le chantier socialiste est immense: rien d’autre qu’une refondation du sol au plafond. Il faut “recommencer tout à zéro”.

Côté FN, la progression est certaine (62 conseillers départementaux, contre 1 seul précédemment), même si l’échec à conquérir un département -le Vaucluse était sa principale cible- a rendu la fête quelque peu incomplète. Marine Le Pen a vivement dénoncé le mode de scrutin majoritaire “fait pour empêcher le Front national d’avoir des représentants”. Elle a réaffirmé les vifs “espoirs” de conquête de quatre ou cinq régions lors des régionales de décembre, au scrutin proportionnel.

Le FN s’est dit prêt à des accords dans les départements où il est minoritaire, sur la base d’une charte comprenant des points non négociables à ses yeux, “par exemple la baisse de la fiscalité, le retour des services publics, le refus du communautarisme, la participation de la population à des référendums locaux”, selon le secrétaire général du FN, Nicolas Bay.

Mais, lundi matin, la n°2 de l’UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet, a réaffirmé qu’il n’y aurait pas d’accord entre l’UMP et le FN “ni national, ni local, ni officiel, ni officieux”. “S’il y a des cas particuliers, on en discute tous ensemble” lundi après-midi en bureau politique, a lâché le n°3 du parti Laurent Wauquiez, sans davantage de précisions.

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