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Des militants de Greenpeace pénètrent dans une centrale nucléaire

Des militants de Greenpeace décidés à illustrer des failles dans la sécurité des installations nucléaires ont réussi lundi matin à s’introduire dans la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), au sud-est de Paris, et peut-être dans d’autres.

L’organisation écologiste a affirmé dans un communiqué avoir d’autres militants cachés dans plusieurs centrales, non nommées. Elle a indiqué qu’ils parvenaient “à se déplacer sur ces sites sans être repérés par les forces de sécurité et les systèmes de surveillance”. EDF a démenti un peu plus tard ces affirmations, assurant que la centrale de Nogent-sur-Seine était la seule où il y a eu “trace d’intrusion”. “Il n’y a pas de trace d’intrusion sur d’autres centrales nucléaires d’EDF”, affirme le groupe dans son communiqué.

Info ou intox? Greenpeace a maintenu avoir des militants “présents” mais “pas repérés” sur un autre site nucléaire que celui de Nogent-sur-Seine. “EDF parle d’absence de traces d’intrusions, mais cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas entrés”, a souligné Adélaïde Colin, directrice de communication de Greenpeace, refusant de dévoiler le nom du site concerné.

Selon Greenpeace, les militants ont “réussi à grimper sur le dôme de l’un des réacteurs” de Nogent-sur-Seine, “où ils ont déployé une banderole: +Le nucléaire sûr n’existe pas+”. Ils “ont été immédiatement détectés par le dispositif de sécurité”, a déclaré EDF. “Leur cheminement a été suivi en permanence sur le site, sans qu’il soit décidé de faire usage de la force”, a précisé le groupe. Le ministère de l’Intérieur a indiqué que les neufs membres de l’organisation écologiste avaient été interpellés. “A Nogent, ils étaient neuf, les deux derniers viennent d’être interpellés”, a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet.

“Jeu du chat et de la souris”

Par ailleurs, un homme a été arrêté dans la nuit de dimanche à lundi près de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) avec une corde et une banderole, a annoncé l’AFP la direction de la gendarmerie. La gendarmerie nationale a également fait état de tentatives d’intrusion sur les sites nucléaires du Blayais (Gironde), de Chinon (Indre-et-Loire) et au centre de recherches nucléaires de Cadarache (Bouches-du-Rhône) du CEA (Commissariat à l’énergie atomique).

A Cadarache, deux individus ont tenté, en vain, de s’introduire sur le site après avoir découpé un grillage pour se rapprocher de la clôture de sécurité. Une alarme s’est déclenchée, entraînant l’intervention du service de sécurité du centre et le “départ précipité de deux individus non identifiés qui se trouvaient à l’extérieur de la clôture”, selon le CEA, qui compte porter plainte.

Au centre de Cadarache comme dans toutes les centrales et installations nucléaires de France, une “fouille approfondie” était en cours lundi à la mi-journée pour “vérifier que des militants de Greenpeace n’y sont pas cachés”, a expliqué le porte-parole du ministère de l’Intérieur. “A ce jeu du chat et de la souris entre autorités qui disposent de moyens colossaux et des citoyens non-violents utilisant des méthodes très simples, il n’y a qu’un seul vrai perdant: le citoyen, qui se pensait à l’abri avec les centrales nucléaires présentées comme les plus sûres du monde”, a estimé Sophia Majnoni, chargée de la campagne nucléaire chezGreenpeace.

Interrogé sur France Info, le ministre de l’Industrie, Eric Besson, a évoqué de possibles “dysfonctionnements” et a avoué sa surprise devant une telle intrusion. Sur BFMTV-RMC, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a quant à lui jugé “irresponsable” l’opération de Greenpeace. “Il va falloir en tirer des conséquences. (…) On ne peut pas permettre que n’importe qui puisse entrer aussi facilement que ça dans une centrale nucléaire. On peut imaginer ce que certains pourraient en faire”, a poursuivi M. Guaino.

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