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Des New-yorkais à Paris pour aider les jeunes créateurs

Organiser un défilé a un coût très élevé, parfois rédhibitoire pour les jeunes créateurs. Mais en cette semaine de la mode, douze d’entre eux ont pu organiser des shows dignes des plus grands couturiers, dans un majestueux hôtel particulier parisien, grâce à l’aide de l’association américaine Made.

Tout commence en 2009 à New York : les jeunes créateurs souffrent de la crise économique, et trois personnes du milieu, Jenne Lombardo, Keith Baptista, Mazdack Rassi, décident de les aider. Ils commencent par soutenir leurs amis, puis l’opération prend de l’importance. “Nous pensions que ça allait être temporaire. Mais c’est devenu un rendez-vous tellement attendu dans la fashion week new-yorkaise, que nous n’avons pas arrêté”, raconte à l’AFP Keith Baptista.

Le tournant a eu lieu aux 2e et 3e saisons, quand 7 des 10 gagnants des prestigieux prix de l’Association des créateurs américains CFDA venaient du programme Made. Parmi eux, Proenza Schouler, devenu un incontournable de la mode new yorkaise. Ils sont financés par des sponsors, dont American Express aux Etats-Unis. A Paris, les cosmétiques Mac ainsi que Google ont mis de l’argent.

Made est venu pour la première fois en septembre à Paris, lors de la semaine de la mode printemps/été 2013. Il s’agissait d'”explorer” le terrain et voir comment ils pouvaient aider les stylistes. Ils ont rencontré Didier Grumbach, président de la fédération française de la couture et du prêt-à-porter.

Trouver des partenaires locaux

Cette saison, ils se lancent pour de bon et soutiennent douze créateurs, parmi lesquels le Belge Anthony Vaccarello, le britannique Gareth Pugh mais aussi des noms moins connus comme Yang Li ou Ligia Dias.

Pourquoi Paris ? Parce que “la mode n’a pas de frontière (…) et qu’il y a des talents partout”, dit Keith Baptista. Les défilés ont lieu sous les splendides plafonds de l’hôtel Salomon de Rothschild, monument historique situé dans le très chic VIIIe arrondissement. Au-delà du lieu, Made apporte son aide pour le son, les lumières, le maquillage et les coiffures. Les jeunes créateurs “méritent d’avoir des défilés du même niveau” que les plus grands, pour Mazdack Rassi. Le package attribué aux stylistes équivaut à un montant allant de 120 000 à 200 000 euros. L’association les aide également à établir une bonne stratégie sur internet pour se faire connaître, car Made travaille avec les réseaux sociaux Twitter et Tumblr, mais aussi Google. Il y a également leur “plateforme” milkmade.com.

A New York, Made aide 40 créateurs. “La ville est très impliquée, nous voyons souvent le maire, qui a compris que l’économie locale y gagnait beaucoup”, dit Keith Baptista. En revanche, à Paris, Made cherche toujours des partenaires locaux pour soutenir le programme. “Nous cherchons des partenaires basés en France, des gens qui ont envie de soutenir la création française”, explique M. Baptista. Ils comptent bien inscrire le programme dans la durée à Paris. Et à l’avenir, ils se lanceront peut-être en Chine, à Shanghaï, ou en Amérique du sud. Mais “une étape à la fois”, dit Mazdack Rassi.

De son côté, la Fédération de la couture et du prêt-à-porter des créateurs a renouvelé l’expérience “Designers apartment”, lancée en septembre. Des créateurs sont réunis dans un même lieu dans le IIème arrondissement de Paris où ils présentent leur collection. L’objectif est de faciliter leurs contacts avec les acheteurs et la presse.

 

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