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Deux Français concourent au championnat du monde des siffleurs

Du 18 au 22 avril, l’International Whistlers Convention rassemble les siffleurs passionnés en Caroline du Nord. Cette année, deux Français participent à la compétition.

Pousser la chansonnette sans utiliser ses cordes vocales, en soufflant à travers ses lèvres pincées, est loin d’être un hobbie anodin. C’est tout un art, reconnu depuis 39 ans par la Convention internationale des siffleurs, à Louisburg, en Caroline du Nord. Deux Français sont en lice cette année parmi près d’une centaine de compétiteurs et six nationalités représentées : Marie Ivassich et Luc Vitry. Elle, 68 ans et à la retraite, vit dans un petit village du Gard. Lui, 41 ans, est ingénieur pour Saint Gobain, à Boston. Ils se sont rencontrés jeudi 19 avril, premier jour de compétition du Championnat du monde des siffleurs.

Marie a été la toute première de cette édition à monter sur scène et elle a sifflé notamment Le Pont de la rivière Kwaï. Certes, elle avait un peu le trac. Mais elle a l’assurance de l’expérience. “A douze ans, j’ai entendu Micheline Dax siffler à la radio et j’ai commencé sérieusement”, raconte Marie, qui visite les Etats-Unis pour la première fois. “Plus tard, un impresario d’Avignon m’a organisé des concerts dans le Vaucluse. Et puis après une audition avec Paul Lederman dans les années 80, j’ai sifflé au Caf’Conc’, à Paris, avec Coluche à côté qui faisait ses débuts.” Marie Ivassich s’est ensuite interrompue pour accorder plus de temps à ses enfants en bas âge. Mais aujourd’hui elle siffle à nouveau, avec son fils Frédéric au piano. Vendredi, elle a interprété l’Ave Maria de Schubert dans la catégorie “classique” (vidéos au bas de l’article).

Luc Vitry a choisi un air de Chérubin extrait du Figaro de Mozart. Originaire de Sens, en Bourgogne, il “siffle depuis tout gosse”. L’interprète de Summertime, de Gershwin (jeudi pour la catégorie “populaire”), voulait déjà participer à l’édition passée, mais n’a “pas trouvé le courage”. “Cette année, c’est un défi que je me suis lancé à moi-même”, confie celui qui prend quelques cours de préparation au championnat depuis deux mois. Pour lui, “tout le monde siffle plus ou moins. Mais le nombre de gens qui sifflent par passion est tout petit.” Il raconte que parfois, les femmes l’arrêtent dans la rue “pour dire qu’elles trouvent ça joli.”

La directrice du projet et vice-présidente du bureau, l’Américaine Patricia Howell, souligne qu’au-delà de la compétition, c’est aussi “une occasion de se rencontrer, de se détendre et de s’amuser”. Marie et Luc ont tout de même jeté un œil à la concurrence : “chacun a son style”, conclut Marie. Nos deux Français, eux, ne sont toutefois pas en rivalité, car hommes et femmes concourent séparément.

Au terme de la compétition, Marie a eu le premier prix dans la catégorie “allied arts”, où elle a interprété Memory de la comédie musicale Cats, avec son fils au piano. Luc s’est classé à la deuxième place du championnat chez les hommes.

 

 

Vidéos de Thierry Lachot.

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