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Edouard Courtial : “Aux Etats-Unis, la fiscalité semble être la principale préoccupation”

En déplacement aux Etats-Unis, le secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger Edouard Courtial nous a accordé une interview pour justifier sa tournée américaine et son action, et mettre fin aux polémiques qui ont entouré sa nomination.

France-Amérique : Quel est le rôle du secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger ?

Edouard Courtial : Ce poste, qui a été créé en juin dernier, est une réponse à l’évolution de la population française à l’étranger, qui a augmenté de 50 % en dix ans. Et elle continue d’augmenter de 4 % par an. Il fallait donc une adaptation institutionnelle à cette tendance.

Pourquoi avez-vous décidé de vous rendre aux Etats-Unis ?

Pour mieux comprendre les gens, il faut aller sur le terrain. Je n’ai pas besoin de théoriciens dans mon bureau à Paris qui m’expliquent les problèmes des expatriés. Cela fait 45 jours que je suis à ce poste et je suis déjà allé en Corée du Sud, en Chine, en Espagne, en Allemagne, en Haïti ou encore au Japon. Il était normal que je vienne en Amérique du Nord. Je n’apporterai des réponses qu’en écoutant les questions adressées directement par des expatriés.

Comment avez-vous fait le choix des villes (Boston, Washington, New York, La Nouvelle-Orléans, Houston) ?

New York était incontournable. Pour les autres, je les ai choisies car ce sont des villes où il n’y a pas eu de déplacement ministériel récemment.

Vous risquez de ne plus exercer ce poste dans cinq mois selon les résultats de l’élection présidentielle de 2012. Que pensez-vous avoir le temps de faire si vous êtes toujours en déplacement ?

La politique du gouvernement à destination des expatriés ne date pas de mon arrivée. Ils avaient déjà lancé des aides à la scolarisation et réfléchi à une politique sociale. Mais comme chaque ville à des préoccupations différentes, il faut que je me déplace. A Port-au-Prince, le problème c’est la sécurité, à Shanghaï, la scolarisation. C’est presque de la politique locale que je fais. Je veux avoir une approche très pragmatique, au service de la personne.

Aux Etats-Unis, quel est le problème le plus abordé par les expatriés que vous avez rencontrés ?

La fiscalité. On m’a notamment évoqué un excès de taxes. Il faudrait revoir les conventions fiscales entre la France et les Etats-Unis. Et puis, certains m’ont parlé des difficultés au retour qu’il faudrait pouvoir gommer.

Vous voulez centrer votre action sur l’éducation et l’économie, pourquoi ?

Les deux sont très liées. L’une ne devrait pas aller sans l’autre. J’ai visité le Lycée Français de New York et d’autres établissements scolaires car je pense que la France pourrait s’en inspirer pour son enseignement supérieur. Mais je suis aussi allé dans une Charter School d’Harlem pour découvrir ces écoles d’un autre type très innovantes.

On a souvent accusé votre prédécesseur, David Douillet, d’être en quelque sorte le VRP de l’UMP en vue des prochaines échéances électorales. Pensez-vous pouvoir échapper à ce reproche ?

En tant que membre du gouvernement, il est normal pour moi de promouvoir l’action du Président de la République comme le font tous les ministres. Mais je ne suis pas un agent électoral, et je ne veux pas qu’il y ait d’ambiguïté là-dessus. J’incite tous les expatriés à venir voter lors des élections législatives qui verront les Français de l’étranger élire pour la première fois onze députés. Je veux être républicain, citoyen mais pas partisan.

Et si Nicolas Sarkozy l’emporte en mai prochain, pensez-vous toujours occuper ce poste ?

C’est une question qui dépasse ma modeste personne ! A titre personnel, je trouve ma mission très exaltante. Je pourrais rester.

A peine nommé, une polémique était né alors que vous étiez co-signataire d’une proposition de loi visant à supprimer la nationalité française aux expatriés ne payant pas d’impôts en France. Pensez-vous qu’avoir apposé votre nom à ce texte était une erreur de jugement ?

C’est un député de la Loire qui a fait cette proposition comme il y en a 1 500 par an. Ce texte voulait pointer du doigt l’exode fiscal. Mais effectivement il y aurait pu avoir des dommages collatéraux sur des gens honnêtes. Mais ils n’ont jamais été visés. J’ai d’ailleurs retiré ma signature comme l’autorise le règlement de l’Assemblée. Le débat est clos. Et cette loi ne sera pas appliquée de toute façon, le président a été clair.

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