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Elections européennes : le séisme Le Pen traverse l’Atlantique

Le séisme causé par les résultats des élections européennes du 23 mai s’est ressenti jusqu’aux Etats-Unis. Si généralement le sujet ne passionne guère les médias américains, la victoire des eurosceptiques et des partis d’extrême-droite a cette fois-ci retenu l’attention. La victoire du Front National en France, avec 25,41% des voix, est décrite comme une secousse qui changera durablement la face de la politique française.

“La France secouée par le séisme Le Pen” affiche CNN sur son site. “Si l’on en croit les titres des journaux, les conséquences de ce vote se ressentiront pendant longtemps, à l’échelle tant nationale qu’internationale”, note la journaliste de la chaîne américaine. Le diagnostic expliquant cette victoire sismique est le suivant. “La France est en recherche de politiciens à l’image non ternie, qui ne sont apparus dans aucun scandale. (…) Marine Le Pen, bien qu’elle appartienne à une famille dynastique qui fait partie de l’establishment de la politique française, bénéficie de cette popularité propre aux politiciens qui n’ont pas été altérés par le pouvoir.”

La politique française “en plein désarroi”

“Un mouvement ant-immigration, fondé par un homme régulièrement accusé d’anti-sémitisme récolte désormais le plus de votes en France” constate le Washington Post. Le titre s’alarme de voir un pillier de l’Europe, la France, “se retrouver dans un désarroi politique sérieux et de manquer de solutions”. L’UMP “risquant d’éclater suite à un scandale financier”, l’impopularité exceptionnelle de François Hollande, additionnés à la montée du chômage et une croissance qui bat de l’aile, sont selon le quotidien américain “les ingrédients parfaits pour une montée de l’extrême-droite. Le Pen savait où frapper”.

C’est également le constat du New York Times, qui voit en la victoire du Front National aux européennes une façon de désavouer les grands partis. “Dans les élections passées, les électeurs insatisfaits par les socialistes se tournaient généralement vers l’UMP, et vice versa. Mais ce parti a été entaché par de multiples scandales dernièrement, et à reçu le coup de grâce quand son leader Jean-François Copé, soupçonné de détournements de fonds, a dû démissionner”.

L’UE, ennemi public numéro un

Pour le Wall Street Journal, ces élections constituaient un “test crucial”, face aux problèmes irrésolus de l’Europe. Le titre explique l’euroscepticisme ambiant par le manque de traitement des questions prioritaires. Certains Européens, selon le Wall Street Journal, accusent l’Union Européenne  de “se préoccuper davantage de comment le fromage est étiqueté, que du chômage ou du contrôle de l’immigration”. “En faisant de l’UE l’ennemi public numéro un, Madame Le Pen et les autres nationalistes se présentent comme une alternative crédible aux leaders des grand partis, et non plus comme des porte-voix du vote contestataire”.

Opposition au traité transatlantique

Marine Le Pen annonçait deux semaines avant les élections qu’elle s’opposerait au TAFTA, le traité de libre-échange transatlantique, dont les négociations ont été lancées l’année dernière par Barack Obama et les dirigeants de l’UE. Une question qui préoccupe les Américains. Le Wall Street Journal écrit que cette victoire de l’euroscepticisme risque d’entraver des mesures politiques européennes primordiales, selon de nombreux économistes, à la restauration de la croissance dans la zone euro.

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