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En Floride, équipes de nettoyage et touristes se côtoient

Sur les plages de sable fin de la région de Pensacola, dans le nord-ouest de la Floride, des équipes ramassent des boulettes de pétrole au beau milieu de touristes bien décidés à profiter du soleil, bien qu’à chaque vague de nouvelles galettes souillent le sable.

Quelque 250 personnes travaillant par équipes de dix arpentent les plages de l’île de Santa Rosa, un banc de sable d’une soixantaine de kilomètres le long de la baie de Pensacola. Parfois à genoux ou à quatre pattes, elles ramassent à l’aide de pelles les minuscules boulettes de brut qui s’échouent sur le sable blanc.

Employés par le groupe pétrolier BP, ces nettoyeurs ont été formés par des agents des parcs nationaux, surtout inquiets des conséquences de l’arrivée du brut sur les tortues de mer et le cycle de reproduction des oiseaux.

Le brut, provenant du puits qu’exploitait BP à 1.500 m de profondeur et à quelque 70 km des côtes américaines, a déjà lourdement touché la Louisiane, et dans une moindre mesure l’Alabama et le Mississippi. Désormais, c’est au tour de la Floride.

Le pétrole a ainsi touché à différents niveaux quelque 170 km de côtes depuis les îles au large de Pascagoula, dans le Mississippi voisin, jusqu’aux plages de Pensacola, indique Katie Wahan, qui travaille pour l’agence qui gère les parcs nationaux aux Etats-Unis (National Park Service, NPS).

“La situation change d’un jour à l’autre”, souligne-t-elle, ajoutant que jusqu’à présent (dimanche) aucune plage n’avait été interdite à la baignade. “Nous surveillons les plages en permanence”.

La marée noire, qui pollue les eaux du Golfe depuis le 20 avril et l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon, a commencé à toucher ou risque de toucher huit parcs nationaux depuis le Texas jusqu’à la Floride, selon Mme Wahan.

“Nous étions à la plage il y a quelques jours et c’était magnifique. Maintenant, c’est horrible”, se lamente Robin Woolsey, originaire du Nevada et dont c’est le premier séjour dans cette région réputée pour la richesse de sa faune aquatique et la beauté de ses plages.

“Quand on va dans l’eau ça sent le pétrole. C’est poisseux”, ajoute-t-elle, se montrant sceptique vis-à-vis du travail des équipes de nettoyage alors qu’à chaque vague de nouvelles boulettes de brut déferlent sur le sable, la plupart de la taille d’un petit poids, mais parfois bien plus grandes.

Un peu plus loin, dans une autre partie de l’île, des baigneurs semblent ignorer la pollution. Chad Lunsford de l’Alabama et son épouse jouent dans les vagues avec leurs deux enfants de deux et trois ans.

“Si nous avions vu quoi que ce soit nous ne les mettrions pas dans l’eau”, assure Chad. “Nous partons aujourd’hui, donc pour le moment ça va pour nous”.

Le tourisme est l’un des principaux secteurs économiques de la Floride. En 2008, il a représenté 65 milliards de dollars de retombées économiques directes et 3,9 milliards de dollars de recettes fiscales pour l’Etat.

Dans un hôtel situé sur la plage de Pensacola, un panneau indique “ne ramassez pas les boulettes de brut, laissez aux équipes de nettoyage le soin de le faire”. Mais malgré la mise en garde, Taggert et Tammy Schakelford ne peuvent s’empêcher d’en ramasser. “Je ne sais pas ce que je vais en faire… les rapporter à la maison je pense”, avance Taggert, se disant par ailleurs un peu étonné de voir que les plages n’ont toujours pas été fermées”.

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