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2011: l’odyssée du bac franco-américain

Les élèves des lycées français aux États-Unis pourront dès 2011 passer un bac franco-américain s’ils le souhaitent. Combinant les épreuves du baccalauréat traditionnel et des tests à l’américaine, ce nouveau bac a pour but de faciliter l’entrée dans les universités américaines. Le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a enteriné la création de ce nouveau diplôme, lundi à New York. Reportage.

Dernier tour, en ce lundi 22 septembre 2008, dans les rangs de l’auditorium pour le proviseur adjoint du Lycée Français de New York, Boualem Maizia, avant l’arrivée de Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale. Sur son passage, il aperçoit un élève avec un casque de iPod sur les oreilles. L’objet est tout de suite confisqué. L’honneur du lycée est sauf. “Vous savez comment vous tenir. N’oubliez pas que vous représentez l’école,”avait averti le proviseur adjoint un peu plus tôt.

Quelques minutes plus tard, Xavier Darcos, arrive. Pas d’applaudissement mais une musique rythme les pas du ministre et de la dizaine de personnes qui l’accompagne. Après les hymnes américain et français chantés en choeur par des élèves, la cérémonie de la signature du baccalauréat franco-américain (BAF) peut débuter. A la tribune, les discours s’enchaînent face un public composé d’élèves de terminale et de seconde qui seront les premiers concernés par la mise en place de ce baccalauréat franco-américain en 2011 dans les lycées français des Etats-Unis. Ce nouveau diplôme a pour but de faciliter l’accès aux universités des Etats-Unis grâce a une meilleure préparation aux examens américains. Pour cela, l’établissement a choisi le College Board, organisme reconnu pour la qualité de ses tests et de son programme Advanced Placement (AP), comme partenaire pour ce projet.

Yves Thézé, le proviseur du Lycée Français de New York, prend la parole en premier. Alternant entre l’anglais et le français, il rappelle que ce nouveau baccalauréat est la preuve que les deux approches, française et américaine, peuvent être complémentaires. Xavier Darcos s’enthousiasme pour ce nouveau diplôme. « Je suis fier de nos lycées français et de celui-ci en particulier. Ce nouveau bac n’est pas un compromis mais une vraie synthèse d’excellence, » s’exclame-t-il. “La France a besoin de continuer son ouverture. Le bac franco-américain est ainsi un moyen de rayonner et de recevoir des leçons d’ailleurs ».

Sept élèves de terminale peuvent ensuite poser des questions à Xavier Darcos. “Est-ce que ce bac sera reconnu par les universités françaises?», demande Henri, élève de terminale scientifique. Le ministre s’empresse de répondre: “Oui, vous pourrez étudier dans une université française au même titre que si vous aviez passé votre bac à Paris.” A en juger par les autres interventions, le bac franco-américain préoccupe peu les élèves qui préfèrent questionner le ministre sur le rapport entre les systèmes éducatifs français et américains.

Au bout d’un peu plus d’heure, la cérémonie se termine par la signature du bac franco-américain par le représentant du College Board et le ministre de l’Education nationale. À la sortie du lycée, les langues se délient. Les élèves qui ne sont pas concernés, à savoir ceux de première et de terminale, sont globalement contents de pas avoir à passer ce baccalauréat. “Franchement, je n’aurais pas aimé passer ce bac car c’est très spécialisé pour entrer dans les universités américaines”, lâche Hélène, une jeune fille en terminale scientifique. “Dans ce programme, il y aura beaucoup de questionnaires à choix multiples pour nous préparer aux tests américains. Je trouve que c’est un peu réducteur et ça ne va pas nous servir pour entrer dans les universités françaises. Aucun regret!”. Même constat pour Michael, élève de première S. “On dit que ce nouveau bac sera plus facile. Je suis donc content de passer le bac traditionnel car en étant plus difficile, il est plus reconnu.”

Yves Thézé assure pour sa part que “le bac ne sera pas plus simple mais plus complexe, car il combinera les épreuves françaises traditionnelles et les questions à choix multiples à l’américaine”. Depuis 2003, le proviseur se bat pour mettre en place ce nouvel examen. Alors, aujourd’hui, “c’est un peu sa journée de consécration”. “Leur réaction est une résistance au changement dont la nature humaine a toujours peur. Je vais tout faire pour convaincre les secondes lors de la prochaine réunion d’information”. Sur les 300-350 candidats par an au baccalauréat général aux Etats-Unis, le lycée espère qu’une petite cinquantaine d’élèves choisiront le baccalauréat franco-américain.

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