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30 ans après sa fuite des Etats-Unis, Roman Polanski veut un non-lieu

Trente ans après sa fuite des Etats-Unis où il risque la prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une adolescente, le cinéaste français Roman Polanski a demandé à la justice californienne d’abandonner ses poursuites, ont annoncé mardi ses avocats.

Les défenseurs de Roman Polanski ont affirmé avoir mis au jour de nouvelles preuves montrant que le réalisateur, aujourd’hui âgé de 75 ans, n’avait pas bénéficié à l’époque d’une procédure pénale équitable à Los Angeles. Les avocats, Chad Hummel et Bart Dalton, ont expliqué qu’un documentaire récent sur l’affaire avait mis en évidence “un ensemble de mauvais comportements et de communications entre la Cour et le bureau du procureur, en violation de l’égalité devant la loi, et sans que l’accusé ni ses avocats en aient eu connaissance”.

Selon eux, cette affaire constitue “un exemple classique de la façon dont notre système judiciaire peut être utilisé à mauvais escient (et) les droits du justiciable foulés aux pieds, via une alliance mauvaise entre les tribunaux et les Parquets”. Le film auquel ils se réfèrent, “Roman Polanski: wanted and desired”, a été diffusé en juin sur la chaîne câblée américaine HBO. Réalisé par Marina Zenovich, son ton est globalement favorable au réalisateur.

A l’époque de sa diffusion, le tribunal de Los Angeles avait obtenu des producteurs qu’ils en modifient la conclusion. Dans une première version, celle-ci affirmait qu’un juge de Los Angeles avait proposé à Polanski en 1997 de revenir aux Etats-Unis pour être condamné, en échange de quoi il ne serait pas renvoyé en prison. Le documentaire assurait que le magistrat avait posé une condition: que l’audience soit télévisée. Mais le tribunal avait démenti: “aucune condition préalable de ce type n’a jamais été posée par le juge en question, que ce soit en 1997 ou à un autre moment”.

Roman Polanski, né en France de parents polonais puis élevé en Pologne, avait plaidé coupable de “relations sexuelles illégales” après avoir été arrêté à la suite de la plainte des parents d’une adolescente de 13 ans, mais avait fui les Etats-Unis avant l’énoncé du verdict. Les faits s’étaient déroulés dans la demeure de Jack Nicholson à Hollywood. Selon la police, le réalisateur de “Chinatown” avait fait consommer de la drogue et de l’alcool à sa victime, avec laquelle il effectuait une séance de photos pour un magazine, avant de la violer.

La procédure courant contre lui à Los Angeles n’a jamais été annulée et le cinéaste n’a pas remis les pieds depuis plus de 30 ans sur le sol américain, même pour recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur qui lui a été décerné en 2003 pour “Le pianiste”. De son côté, une porte-parole du bureau du procureur de Los Angeles, Sandi Gibbons, a indiqué que son administration n’avait “pas reçu de documents des avocats de Roman Polanski”. “Nous espérons voir Roman Polanski au tribunal pour débattre de l’affaire”, a-t-elle ajouté.

Dans un entretien en septembre à l’AFP, Christopher Sandford, auteur d’une récente biographie non autorisée de Roman Polanski, avait reconnu que le cinéaste n’avait pas bénéficié de circonstances sereines lors de l’affaire, qui s’était déroulée au milieu d’un déchaînement médiatique contre lui. Polanski était devenu dans l’opinion publique un “prédateur”, huit ans après le meurtre barbare de son épouse enceinte Sharon Tate par les adeptes de Charles Manson, selon le biographe.

Condamné à une “évaluation” de trois mois dans une prison, Roman Polanski y avait passé 47 jours. Le 31 janvier 1978, au lendemain d’une réunion entre ses avocats et un juge lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu’il allait le renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l’Europe.

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