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A bout portant, un polar à bout de souffle

Deux ans après le polar Pour Elle, Fred Cavayé revient en force avec un second opus sous haute tension. Dans la lignée de la nouvelle vague de thrillers à la française, A bout portant embarque le spectateur dans une chasse à l’homme au suspense époustouflant.

Le titre, A Bout Portant, annonce d’emblée la noirceur du film…

C’est un titre très imagé en effet, qui évoque tout de suite l’univers de la chasse, du thriller. Mon premier film, Pour Elle, était aussi un thriller mais à cause de ce titre romantique, beaucoup de gens ont pensé qu’il s’agissait d’un film à l’eau de rose. Le titre était trompeur. Pour ce deuxième film, j’ai donc décidé d’appeler un chat un chat afin d’éviter les malentendus.

Quel est le point de départ de ce film ?

Le point de départ est celui du quotidien d’un homme banal, un infirmier interprété par Gilles Lellouche, qui va être entrainé dans une course effrénée pour sauver sa femme. Enceinte, celle-ci est kidnappée sous ses propres yeux par des gens issus du grand-banditisme, qui n’est pas toujours celui qu’on croit. J’ai voulu faire un film dans lequel les spectateurs se cramponnent à leur siège, comme durant les trente dernières minutes de Pour Elle, mais sur une heure et demie cette fois !

Policiers comploteurs, nantis assassins. Votre héros découvre les deux côtés de la barrière du grand banditisme…

Mon personnage, Monsieur Tout le Monde, est propulsé dans un pur univers de cinéma. C’est une imagerie très cinématographique. Ce film est volontairement très référencé. On retrouve les flics ripoux et la classique guerre des flics, propres au thriller. Le film donne une vision exécrable de la police parce que ce sont des flics de cinéma. Il ne s’agit pas d’une critique du système judiciaire. Ces références sont assumées. Elles ne cherchent pas à véhiculer un quelconque message politique anti-flics ou autre. Ce serait trop naïf.

Il y a un sentiment d’urgence à chaque scène !

Ce sentiment d’urgence était présent dès l’écriture. Dans Pour Elle, le personnage est d’abord dans la réflexion avant d’être poussé à l’action. Alors qu’avec A bout portant, je voulais que le personnage soit littéralement jeté dans l’action. On est dans l’action brute. Mon personnage n’intellectualise pas la situation, il fonce ! Les situations sont tendues avec des images fortes et très peu de temps morts. Bien sûr, on pourra me reprocher le « zéro psychologie ». Mais mon personnage agit par amour, et si l’amour n’est pas de la psychologie, je ne sais pas ce que c’est…

Quels sont vos polars français et américains de référence ?

Le film de chevet quand on s’intéresse au thriller reste Le Parrain. J’aime aussi beaucoup les films de Melville, un maître du film noir. Et puis les films d’Alain Corneau. Tout ce qu’on appelait « les films du dimanche soir », des films policiers ludiques qui apportaient un vrai plaisir au spectateur. Mes références ne se limitent pas qu’aux thrillers. Je suis autant influencé dans la manière de raconter une histoire par Claude Sautet que par Jason Borne. Leur point commun, c’est la chair de leurs personnages à l’apparence banale mais jamais insignifiants.

On ne retrouve pas en revanche l’humour potache propre au polar français ?

Non, on n’a pas le temps de rigoler quand sa femme est sur le point d’être exécutée. Je ne suis pas contre le fait de mettre de l’ironie dramatique dans une scène ou deux mais je fais très attention. Car si c’est raté, on perd tout l’effet dramatique du film. Ici, la vie personnelle des protagonistes est gravement menacée. Pas de quoi rire donc. Je me sens plus proche du Mesrine de Jean-François Richet ou du Taken de Pierre Morel que des Ripoux de Claude Zidi.

A bout Portant va-t-il ensuite être adapté à l’américaine ?

Oui, comme Pour Elle. C’est amusant parce que mon cinéma s’inspire déjà beaucoup du cinéma américain. Même tel quel, ils devraient l’apprécier. C’est un film nerveux comme ils aiment où tout est dans l’image et dans l’action. Le sujet et les décors sont universels. Le film se passe à Paris mais on ne voit jamais la tour Eiffel ni un hôtel haussmannien. C’est un thriller à l’américaine made in France !

Infos pratiques:

A bout portant, un thriller de Fred Cavayé, avec Gilles Lellouche, Roschdy Zem, Gérard Lanvin, Elena Anaya. Durée : 1 h 25.

Sortie américaine le 29 juillet 2011 à Los Angeles et New York. En français, sous-titré en anglais.

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