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À la découverte de l’écrivain Claude Arnaud

L’invité d’Olivier Barrot le 22 octobre dans la série « French literature in the making » à NYU était son ami de longue date Claude Arnaud. Retour sur la conférence.

« J’ai l’impression que c’est un rendez-vous des amis ici », dit en nous accueillant chaleureusement Olivier Barrot, rédacteur en chef du magazine « Senso », animateur de l’émission « Un livre, un jour » sur France 3 et TV5 et homme de plume français, qui anime une fois par mois une conférence avec un écrivain français à la maison française de l’université de New York (NYU).

Ce jour-là, l’invité d’honneur est Claude Arnaud, la cinquantaine, jean noir et chemise rayée violette et blanche. Les deux hommes sont très amis, le tutoiement est de mise, l’atmosphère est détendue et Olivier Barrot espère que leur amitié « n’aura pas d’incidence sur notre conversation ».

Olivier Barrot présente à un public attentif les six ouvrages de l’écrivain. Sa caractéristique : la diversité de son écriture. Son œuvre est composée d’essais, de romans, de biographies et de pièces de théâtre. Claude Arnaud a commencé sa carrière par le théâtre et par le XVIIIe siècle avec Les Salons (Lattès, 1985) : un dialogue entre deux femmes tentées par la liberté.

Il reste dans le XVIIIe siècle pour écrire ensuite un essai biographique sur Nicolas Chamfort, cet homme à « la conscience dédoublée », fruit d’une liaison adultérine entre une mère noble de Clermont-Ferrand et un homme du clergé. Après une brève lecture d’un extrait de l’ouvrage par Olivier Barrot, il conclut : « pas mal, non ? ».

Avant de passer à un autre livre, Claude Arnaud fait une parenthèse autobiographique pour expliquer d’où vient son attirance pour le siècle des Lumières. « J’ai été marqué par mai 68 », cette époque où le passé était rejeté. Écrire sur ce siècle brillant pour la France était une « réaction contre certains excès de ma génération, ma façon de m’affirmer ».

Vient ensuite un premier roman, Le Caméléon (Grasset, 1994), qui reçut le Prix Femina. Un roman « ironique et allégorique » qui se passe entre Genève et l’Albanie du XXe siècle sous le dictateur communiste Enver Hodja. Le thème de l’identité y est omniprésent, « la clé de ton œuvre » selon Olivier Barrot.

Quatre ans plus tard, un deuxième roman, Le jeu des quatre coins (Grasset, 1998), où là encore, le dédoublement des personnages fait partie de l’œuvre. Cette fois, c’est un dédoublement sexuel dans ce roman « parisien » qui se passe entre le 10e arrondissement de Paris et la Corse et met en scène un couple d’hommes, une femme et un bisexuel.

Olivier Barrot présente ensuite le livre le plus important de Claude Arnaud, Jean Cocteau (Gallimard, 2003), une biographie très dense de plus de 800 pages sur cet « homme miroir ». Mais ce livre n’est « pas seulement une biographie » selon le journaliste, « on est aussi dans la littérature ». Claude Arnaud, qui a passé quatre ans et demi dans la peau de ce personnage, s’arrête sur ce livre plus longuement que sur les autres. Il nous raconte sa fascination pour ce « paratonnerre » qu’était Cocteau, « qui prend la foudre, la déplace et en fait quelque chose ». Il nous confie « l’alchimie » qu’il a eue avec l’artiste aux multiples talents en habitant dans « ce corps très bizarre », un « corps frêle qui ne supportait pas son génie ».

Son dernier ouvrage, Qui dis je en nous ? (Grasset, 2006), a été récompensé par le prix Femina-essai 2006. Il renoue avec la question de l’identité dans « cette sorte d’introspection illustrée de cas plus ou moins célèbres de personnages dédoublés ». Mais a-t-il trouvé qui dis « je » en lui ? « Je n’arrive pas à dire qu’il y a un moi ou qu’il n’y en a pas » confie Claude Arnaud mais « dans moi-même, il y a beaucoup d’autres choses que moi-même ».

C’est Olivier Barrot qui a le mot de la fin : « jetez-vous sur le livre consacré à Cocteau ».

Prochaine conférence : le 19 novembre à 19h avec Clémence Boulouque, écrivain française qui a remporté le Prix Fénéon en 2003 pour son roman La Mort d’un silence (Gallimard, 2003)

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