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A la recherche du tueur en série de l’Essonne

Un “dispositif de surveillance renforcée” a été mis en place dans l’Essonne pour rassurer une population inquiète face aux quatre meurtres commis avec une même arme en un peu plus de quatre mois.

Une centaine d’enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) tentent d’élucider ces crimes commis entre le 27 novembre et le 5 avril dont ont été victimes, dans un périmètre de moins de dix kilomètres, deux hommes et deux femmes “sans histoires” et sans lien apparent entre eux. “L’objet principal (ndlr: du dispositif de surveillance) est de contrôler les comportements suspects”, a dit à l’AFP le préfet, Michel Fuzeau, qui a également annoncé des “contrôles routiers et des contrôles d’identité” ainsi que “des interventions pour répondre aux alertes données par la population”. “Plusieurs centaines” de membres des forces de l’ordre sont mobilisés.

Les contrôles ont notamment lieu sur la nationale 7, qui relie les trois villes dans lesquelles ont eu lieu les meurtres, Juvisy-sur-Orge, Ris-Orangis et Grigny. A l’exception de la piste terroriste, les enquêteurs n’excluent aucune hypothèse : celle du tueur en série, envisagée vendredi matin par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, mais nuancée par la procureur de l’Essonne Marie-Suzanne Le Quéau, celle d’un tueur à gages agissant pour un commanditaire, celle d’un “déséquilibré”, celle de complices éventuels, celle d’un seul auteur ou de plusieurs…

La série a commencé le 27 novembre 2011 quand une femme de 35 ans, Nathalie Davids, est tuée dans un quartier calme de Juvisy-sur-Orge, criblée de balles dans le parking de son immeuble, un mode opératoire qui changera lors des meurtres suivants.

“A qui le tour”

Un homme de 46 ans, handicapé et sans emploi, vivant à 40 kilomètres de là dans les Hauts-de-Seine, qui a eu une relation amoureuse avec la victime, est écroué: après s’être rendu et accusé, il s’est rétracté. Lors de ses aveux initiaux, il n’avait rien dit sur l’arme. Il était emprisonné au moment des trois meurtres suivants. Il doit être réentendu.

Car un peu moins de trois mois après, un autre habitant de l’immeuble, membre, comme la victime, du conseil syndical, est tué le 22 février dans le parking : il s’agit d’un père de famille de 52 ans, Jean-Yves Bonnerue. L’arme utilisée est la même : un pistolet semi-automatique 7,65 mm, calibre relativement répandu. Pas une arme habituelle de la grande criminalité.

Le 17 mars, c’est un octogénaire, Marcel Brunetto, employé de banque à la retraite, qui est tué d’une balle dans la tête dans le hall de son immeuble de Ris-Orangis, commune riveraine de Grigny où a été tueé jeudi Nadjia Boudjemia-Lahcene, 48 ans, installée de longue date à la cité de la Grande-Borne. Après avoir tiré trois ou quatre fois, selon les témoignages, l’assassin, “un individu de sexe masculin” selon la procureur Le Quéau, “grand et de type européen”, selon une source proche de l’enquête, prend la fuite en moto. La police judiciaire de Versailles recherche une Suzuki bleue et blanche.

Cette série de meurtres suscite l’inquiétude des habitants de la zone touchée. “On se demande : A qui le tour ? Il peut tirer sur qui maintenant ?”, s’interrogeait vendredi soir Nouar Khemissa, une jeune mère de famille, voisine de Mme Boudjemia-Lahcene, lors d’une cérémonie d’hommage organisée par la municipalité de Grigny.

Selon le maire PS de Ris-Orangis, Thierry Mandon, dans cette commune où s’est déroulé le troisième meurtre, les habitants “ne sont pas terrorisés, mais ils posent posent des questions. Ils sont inquiets, ce matin, au marché, je les ai rassurés.”

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