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A l’aube de son deuxième mandat, Obama promet d’agir sur le climat

Ne rien faire serait “trahir” les générations futures: Barack Obama a assuré lundi avec force qu’il entendait agir face au changement climatique, sujet sur lequel il avait suscité d’énormes attentes, largement déçues, lors de son arrivée au pouvoir il y a quatre ans.

“Certains refusent peut-être encore d’admettre le verdict écrasant de la science, mais personne ne peut échapper à l’impact dévastateur des feux incontrôlables, des sécheresses redoutables, et des violentes tempêtes”, a lancé M. Obama, trois mois après le passage de l’ouragan Sandy qui a dévasté plusieurs régions du nord-est des Etats-Unis. “Nous réagirons face à la menace du changement climatique, en gardant à l’esprit que ne pas le faire constituerait une trahison pour nos enfants et les générations futures”, a-t-il ajouté après avoir prêté serment face à plusieurs centaines de milliers de personnes rassemblées au centre de Washington.

Peu après son arrivée au pouvoir en 2009, M. Obama avait proposé un ambitieux projet de loi sur l’énergie et le climat visant à réduire sensiblement les émissions de CO2 des Etats-Unis, deuxième émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine. Mais il s’est vite heurté à l’hostilité d’une large partie du Congrès et a fait machine arrière, préférant plus modestement s’appuyer sur des lois existantes pour durcir certaines législations, sur la pollution automobile en particulier.

Pour Alden Meyer, de l’Union of concerned scientists, think-tank américain très impliqué dans les négociations climat, le discours d’investiture, après une campagne électorale au cours de laquelle le sujet n’a quasiment jamais été abordé, constitue un “signal très fort” à l’amorce du second mandat. “Cela sonne comme un véritable coup de clairon, pour réfuter les théories selon lesquelles il existe des doutes scientifiques sur le sujet et pour parler d’une nécessaire transition énergétique”.

“Vitalité économique et trésors nationaux”

Au moment où le Congrès est profondémment divisé, sur les questions telles que la dette ou la réglementation des armes à feu, il apparaît cependant peu probable que le président des Etats-Unis lance, à court terme, une initiative législative d’envergure sur un sujet qui est loin de faire l’unanimité. Pendant la campagne, son adversaire républicain Mitt Romney avait ainsi ironisé sur les engagements environnementaux: “Le président Obama a promis de freiner la montée des océans et de guérir la planète. Ma promesse (…) est de vous aider, vous, et votre famille”.

Lundi, M. Obama, rompant avec sa relative discrétion sur le sujet depuis plusieurs mois, a prononcé un plaidoyer en faveur d’une véritable “transition énergétique”, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (les Etats-Unis se sont engagés à Copenhague à réduire leurs émissions de 17% d’ici 2020) mais aussi pour gagner en compétitivité économique. “L’Amérique ne peut pas aller à l’encontre de cette transition, elle doit en être la locomotive. Nous ne pouvons laisser à d’autres pays la maîtrise de technologies qui généreront de nouveaux emplois et de nouvelles industries, nous devons saisir cette opportunité”, a-t-il lancé. “C’est comme cela que nous préserverons notre vitalité économique et nos trésors nationaux, nos forêts et nos cours d’eau, nos terres agricoles et nos montagnes enneigées (…) C’est comme cela que nous préserverons notre planète”.

Barack Obama en a peut-être dit plus sur le changement climatique dans son discours d’investiture de deuxième mandat “que pendant ses quatre premières années à la Maison Blanche”, ironisait sur Twitter Katrina vanden Heuvel, rédactrice en chef de l’hebdomadaire The Nation.

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