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A l’ONU, l’opposition syrienne obtient des millions de dollars de Washington

L’opposition syrienne a obtenu vendredi à New York des dizaines de millions de dollars d’aide supplémentaire des Etats-Unis qui ont dénoncé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU le soutien de l’Iran à son “acolyte” syrien.

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a piloté une réunion du groupe des “Amis du peuple syrien” aux côtés d’une vingtaine de pays. Neuf opposants, qui ont été exfiltrés de Syrie, y ont participé mais à l’abri des caméras pour des raisons de sécurité. Mme Clinton a annoncé une “aide additionnelle humanitaire de 30 millions de dollars” et “quinze millions de dollars supplémentaires pour soutenir l’opposition syrienne civile et non armée”.

Refusant toute aide militaire directe et toute intervention armée en Syrie, les Etats-Unis s’en tiennent à une “aide non létale” (équipements de communications, formation…), qui atteint donc maintenant “presque 45 millions de dollars” pour la rébellion syrienne. Quant à l’assistance humanitaire de Washington aux personnes déplacées en Syrie et aux réfugiés dans les pays frontaliers, elle est portée à “plus de 13O millions de dollars”, s’est félicitée la secrétaire d’Etat.

Son homologue français Laurent Fabius a mis l’accent sur l’aide aux “zones libérées” en Syrie, “manière la plus concrète” d’aider un peuple syrien qui “se sent abandonné”. Il a évoqué une “prochaine” réunion à Doha pour hâter la formation par l’opposition d’un gouvernement provisoire syrien. Selon des diplomates, il s’agissait surtout vendredi “d’avoir de première main un état des besoins” des opposants syriens.

Mais Mme Clinton en a profité pour lancer une nouvelle charge contre l’Iran, allié indéfectible de Bachar al-Assad et que Washington accuse de lui fournir des armes. “L’Iran est la plus importante planche de salut du régime” syrien et Téhéran “fera tout pour protéger son acolyte” à Damas, a-t-elle lancé. Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westervelle a lui aussi critiqué l’Iran vendredi à l’ONU mais sur le dossier nucléaire, demandant à Téhéran de “cesser de jouer la montre” et de prouver qu’il ne cherche pas à se doter de la bombe atomique.

Le régime “se fissure”

Le chef de la diplomatie russe Serguei Lavrov doit prendre la parole vendredi soir devant l’Assemblée générale, où il est particulièrement attendu sur les dossiers syrien et iranien. Le conflit en Syrie a fait en dix-huit mois quelque 30.000 morts, selon une ONG, ainsi que 1,2 million de déplacés dans le pays et 300 000 dans les pays frontaliers.

Mais aucune issue n’est en vue en raison des divisions internationales entre partisans d’un départ du président Bachar al-Assad, Etats-Unis en tête, et défenseurs de son régime (Russie, Chine, Iran). “Rien ne se passe aussi vite que nous le souhaiterions pour que le régime s’en aille, que Bachar al-Assad et sa clique partent afin de permettre une transition politique”, a confié un diplomate américain. Washington est toutefois persuadé que le “régime se fissure et perd du terrain militairement”.

D’après le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta, la Syrie a déplacé une partie de son arsenal chimique mais pour mieux le “sécuriser”. Les Etats-Unis et la France avaient prévenu que l’utilisation par Damas de ses armes chimiques ou leur transfert à des groupes “terroristes” constitueraient une “ligne rouge” pouvant déclencher une intervention étrangère. Tout en soutenant l’opposition syrienne, la communauté internationale l’exhorte aussi depuis des mois à s’unifier.

Guido Westerwelle a rencontré jeudi à l’ONU le dirigeant de la principale coalition des opposants syriens, le Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda. “L’opposition doit monter une plate-forme unitaire, pas seulement contre Assad, mais aussi pour un avenir pluraliste et démocratique pour la Syrie”, a plaidé le chef de la diplomatie allemande.

A Genève, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a condamné “la multiplication des massacres” en Syrie. L’ex-procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) Carla del Ponte et l’ex-rapporteur spécial de l’ONU sur la Corée du Nord, Vivit Muntarbhorn, vont rejoindre la commission d’enquête du Conseil sur la Syrie.

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