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A l’ONU, Nicolas Sarkozy veut agir pour “moraliser le capitalisme financier”

Le président français Nicolas Sarkozy, qui assure actuellement la présidence tournante de l’Union européenne, a proposé, le 23 septembre à New York, aux dirigeants du monde entier l’organisation, en novembre prochain, d’un sommet international sur la crise financière et plaidé pour un « capitalisme régulé ».

Sanction. Le mot résonne régulièrement dans les couloirs du siège des Nations unies à New York. Nicolas Sarkozy l’a employé à plusieurs reprises ces deux derniers jours pour parler de la crise financière qui ébranle les marchés mondiaux. Le président de la République qui a prononcé, mardi à la tribune onusienne, un discours au nom des 27 membres de l’Union européenne, a demandé que « ceux qui mettent en danger l’argent des épargnants » soient punis. « Je ne suis pas un fanatique des sanctions », a-t-il affirmé un peu plus tard, lors d’une conférence de presse à laquelle participait son épouse Carla Bruni-Sarkozy . « Mais où nous conduit la liberté sans responsabilités ? »

Le président de la République a fait part de son intention de s’attaquer prochainement aux parachutes dorés des grands patrons, précisant au passage qu’il n’était pas opposé aux « grandes rémunérations pour de grands risques ». Il a également proposé la tenue d’un sommet international en novembre pour trouver des solutions à la « la crise financière la plus grave qu’ait connue le monde depuis celle des années 30 ». Cette réunion de chefs d’Etat et de gouvernement se déroulerait sur la base du G8 avec une « ouverture vers les pays émergents ». Elle pourrait avoir lieu aussi bien à Londres, Washington, New York qu’à Bruxelles ou Paris.

Le président en exercice de l’Union européenne (UE) a expliqué que les participants au sommet pourraient se pencher sur les hedges funds, ces fonds spéculatifs à risque qui ont, selon lui, déstabilisé les marchés financiers avant même les subprimes. Il a également mentionné d’autres domaines qui pourraient être abordés comme les agences de notation, les bilans et la solvabilité des banques, ainsi que les rémunérations des financiers.

A la tribune de l’ONU, Nicolas Sarkozy, qui parlait juste après George Bush mardi matin, n’a pas proposé de mesures concrètes pour « moraliser le capitalisme financier ». Il a en revanche longuement plaidé pour la reconstruction d’un « capitalisme régulier et régulé, où des pans entiers de l’activité financière ne sont pas laissés à la seule appréciation des opérateurs de marché ».

Devant la presse, le président français a par ailleurs affirmé soutenir le plan de sauvetage de l’économie américaine proposé la semaine dernière par le gouvernement Bush, mais s’est prononcé en faveur d’une action concertée des Etats-Unis et de l’Europe. Le plan soumis par la Maison Blanche au Congrès, prévoit de dépenser jusqu’à 700 milliards de dollars pour reprendre les hypothèques et actifs douteux des banques américaines et étrangères. Ce rachat des actifs invendables doit permettre le redémarrage de l’économie américaine sur des bases saines.

Pour son dernier discours à l’ONU en tant que président des Etats-Unis, George Bush a pour sa part affirmé que la crise financière américaine qui ébranle le planète serait jugulée rapidement. Mais à l’issue de la première audience, mardi au Congrès, de Henry Paulson, le secrétaire américain au Trésor, et de Ben Bernanke, le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), les perspectives ne semblent pas aussi roses. Chris Dodd, le sénateur démocrate du Connecticut, a affirmé que le plan de sauvetage de l’économie américaine présenté par Paulson n’était « pas acceptable en l’état». Fait rare, Richard Shelby, sénateur républicain de l’Alabama, semblait d’accord avec son collègue démocrate et a affirmé à l’agence AP qu’il fallait « chercher des alternatives ».

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