Subscribe

A Lyon, l’histoire du cinéma se raconte en direct

Milos Forman, Costa-Gavras, Dario Argento, Volker Schlöndorff, Agnès Varda… Tous ont répondu présent au Festival du film de Lyon, qui s’ouvre lundi, pour faire redécouvrir des films déjà cultes.

Mardi soir, Costa-Gavras présentera “Z” dans un cinéma de la ville, peu après Bertrand Blier et ses “Valseuses” dans un autre. Loin du souci de promotion des invités des festivals classiques. “Pour le festival de Cannes, chaque année, on remet le titre en jeu, on est dépendants de la production. Là, on est dépendants de l’histoire du cinéma, on n’a qu’à aller chercher ce qui nous plaît”, explique Thierry Frémaux, grand ordonnateur du festival en tant que directeur de l’Institut Lumière de Lyon, outre sa casquette de délégué général de Cannes.

Mercredi, ce sera au tour du maître du cinéma d’horreur Dario Argento de présenter son Phenomena, tandis que la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi se fera l'”ambassadrice” de Rosemary’s baby de Roman Polanski. “Roman m’a dit ‘La dernière fois que je suis allé dans un festival, on m’a mis en prison'”, explique dans un sourire Thierry Frémaux pour expliquer l’absence du réalisateur franco-polonais. Jeudi, Volker Schlöndorff présentera quant à lui son chef d’oeuvre, Le Tambour.

L’intégrale des films de Visconti sera présentée en copies restaurées ou neuves. Quatre d’entre eux (Le Guépard, Ludwig, Les Damnés et Senso) seront projetés pour la première fois en numérique haute définition. Dans la série des Visconti, Agnès Varda se fera mardi l’ambassadrice de “L’étranger” et Claudia Cardinale jeudi celle de Rocco et ses frères. Elle sera rejointe vendredi par Atom Egoyan pour présenter Sandra.

Claudia Cardinale, dont la beauté rayonnante dans les bras d’Alain Delon dans Le Guépard s’affiche à tous les coins de rue de Lyon, présentera enfin dimanche, en séance de clôture à la halle Tony Garnier, forte de plusieurs milliers de places, ce film culte de Visconti. Alain Delon s’est finalement désisté, “retenu par un gala de charité”, selon Thierry Frémaux.
Samedi soir, Milos Forman a reçu le prix Lumière pour l’ensemble de son oeuvre, après Clint Eastwood lors de la première édition du festival. Les projections de “Man on the moon”, “Hair” ou “Vol au-dessus d’un nid de coucou” ponctueront la semaine du festival.

Celui-ci sera ouvert lundi soir, avec Chantons sous la pluie – “un film magnifique, un des plus beaux de l’histoire du cinéma”, selon Thierry Frémaux -, en présence du réalisateur américain Stanley Donen. Thierry Frémaux insiste sur sa volonté de faire “un festival de cinéma pour tous”, le mot d’ordre de la manifestation, qui a attiré près de 40.000 spectateurs l’an dernier à travers la trentaine de salles de cinéma de Lyon, “ville natale du cinéma” avec les studios des frères Lumière, où se trouve aujourd’hui l’Institut Lumière. “On alterne des films classiques connus avec des choses moins connues comme le cinéma américain des années 70 ou les films de Raymond Bernard”, cinéaste français confidentiel qui a réussi le passage du cinéma muet au parlant avec des films comme “Le Miracle des Loups” en 1924, explique-t-il.

“On a un public de spécialistes, qui vient de Paris ou de l’étranger, qui viennent pour voir les films de Raymond Bernard. Ils ont vu 200 fois Rocco et ses frères et Le guépard. Mais on a aussi des adolescents qui vont découvrir pour la première fois Vol au-dessus d’un nid de coucou de Forman”, ajoute-t-il, pour expliquer le mélange qui s’opère.

 


Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Related