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À New York, Joséphine Ancelle trouve sa voix

New York, un tremplin pour artistes émergents. En 2008, c’était au tour de la jeune chanteuse française Joséphine Ancelle de faire le grand saut dans le bouillon musical new-yorkais. Pour commencer, elle était en concert ce mardi 27 janvier, au Bubble Lounge. Rencontre.

Joséphine Ancelle reconnaît volontiers que rien n’était gagné. À 11 ans, l’aspirante chanteuse a eu droit au « Tu te rends compte de ce que c’est que d’être chanteur ? » de son père musicien. Puis, à 15 ans, un professeur de chant l’a « complètement descendue » selon ses mots, après l’avoir écoutée chanter. Mais loin de la décourager, la critique a renforcé la jeune Française qui compose aujourd’hui, avec modestie, les premières notes d’une carrière prometteuse.

Avec un premier album dans les bacs et des apparitions remarquées à travers les États-Unis, la Française a officiellement rejoint en 2008 le rang des grandes promesses de la bouillonnante scène musicale new-yorkaise. À 23 ans, elle s’est déjà produite dans de nombreux clubs et bars de la Grande Pomme, comme The Bitter End, Sidewalk Café, UnWined à Symphony Space et The Living Room, la pépinière à talents du Lower East Side. Ses ballades romantiques, sa voix sensible proche de celle de la chanteuse folk Jess Klein selon un critique, lui valent un premier buzz sur le web et les ondes. « J’ai persévéré parce que chanter est ma passion, et pour prouver à tout le monde que je pouvais le faire », dit-elle. « Et puis, je suis têtue ! »

Enfant, le chant est un moyen pour Joséphine de se distinguer de son frère pianiste et de sa sœur flutiste, et de marcher dans les pas de sa grand-mère et de son arrière grand-mère. « Mes parents disaient toujours que je chantonnais avant de parler, se souvient-elle. Tout le monde connaissait ma passion pour le chant. »

La carrière musicale de Joséphine Ancelle débute à l’école Sainte Marie de Neuilly-sur-Seine. À 7 ans, elle chante devant ses camarades : « Je n’avais aucune idée de ce qui m’arrivait, avoue-t-elle. C’est beaucoup plus facile quand on ne sait pas ce qui se passe ! » Suivant une tradition familiale, elle ne prend pas de cours de chant avant que sa voix ne soit complètement formée, et patiente en apprenant le piano et la guitare. Son père lui écrit des chansons. Pendant un an, sa mère, qui gérait alors un groupe de musique, la prend avec elle en tournée. Mais elle reconnaît quelques lacunes : « Même si j’avais une jolie voix, je n’avais aucune technique, se souvient-elle. Mon grand frère se bouchait les oreilles quand je chantais ! »

À 17 ans vient le temps des bouleversements. Joséphine s’installe à Montréal. Des cours de chants intensifs lui permettent de flexibiliser et colorer sa voix. Les Georges Brassens et Jacques Brel de son enfance font place à Mariah Carey et à d’autres ténors du R&B et de la Pop. Elle découvre l’univers du gospel avec la People’s Choir of Montréal et remporte avec elle un VIBE Award, décerné aux figures marquantes de la musique urbaine. « J’étais dans une culture afro-américaine. Ca m’a beaucoup ouverte. Je rêvais d’avoir une voix de chanteuse de gospel. Ce qui aurait pu se produire si je m’étais mise à fumer », plaisante-t-elle.
Néanmoins, ses premiers solos sont des échecs. « Je m’en suis pris plein la figure. Je me suis plantée plein de fois. Je ne partais pas sur la bonne note. Je n’entendais pas la musique. Je n’arrivais pas à me reprendre, analyse-t-elle. Une fois, j’ai fait un spectacle dans un lycée. Je me souviens avoir senti des trucs m’arriver dessus quand je chantais. »

Au Canada, elle se rapproche des États-Unis, une terre de musiques qui l’a toujours fascinée. « Les États-Unis étaient un rêve, dit-elle. À Montréal, c’est devenu une possibilité. » Et deux ans plus tard, une Joséphine Ancelle un peu confuse débarque à New York. « J’ai pleuré comme une madeleine, se souvient-elle. J’avais construit beaucoup de choses à Montréal et voilà que je devais tout recommencer. »

Mais elle surmonte les difficultés des premiers mois. Elle reprend les cours de chant, compose quand l’école de danse qu’elle suit à ce moment-là lui en laisse le temps, et multiplie les rencontres. Celle de John Battaglia en décembre 2005 sera déterminante. Le coach new-yorkais l’aiguille dans ses choix artistiques et la présente au chanteur-auteur-compositeur Craig Wilson en mars 2006. Avec lui, elle met en chanson, alternant humour et mélancolie, les thèmes qui ont traversé sa vie : l’amour, la distance, le voyage, et les belles rencontres. Dans « Anitchka », une chanson aux sonorités russes, elle évoque par exemple sa rencontre avec un enfant qui a perdu la vue dans la prise d’otage sanglante de Beslan en 2004. De cette période créative naitra son premier album, Unfinished Life, en novembre 2007.

Quand son baby-sitting et son chien de race brabançon Remie lui en laisseront le temps, elle veut s’atteler à l’enregistrement d’un deuxième album qui incorporerait davantage de compositions personnelles et de chansons en français, pour faire « renaitre la Française qui est en [elle]. « Le public américain aime bien les chansons en français, même s’il ne comprend pas les paroles, avance-t-elle. Avec ma musique, j

’aimerais faire de l’humanitaire. Ça fait un peu Miss France de dire ça. Mais célèbre, j’aurais plus de poids. » Reste à concrétiser en 2009.

Page My Space de Joséphine Ancelle : http://www.myspace.com/josephineonmyspace

Infos pratiques :

Concert lundi 27 janvier à 8pm

Donation: $10

Bubble lounge,

228 West Broadway

(212) 431-3433

www.bubblelounge.com

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