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À Paris, un iPad pour « i-maniacs »

« C’est un trip. Je voulais être le premier à avoir un iPad en France » : après une nuit passée dehors devant le magasin Apple à Paris, Loïs Gérin brandit son trophée, la nouvelle tablette tactile lancée avec force battage par la firme américaine.

Véritable homme sandwich de la marque, ce vendeur d’électroménager de 25 ans est venu spécialement de Marseille, avec tout l’attirail du parfait « i-maniac » comme il se surnomme lui-même : un iBook, un iMac, et même un iPad qu’il est allé acheter à San Francisco peu après sa sortie aux États-Unis début avril.

Pour lui, le prix – entre 499 et 799 euros selon les modèles – importe peu : « c’est comme acheter une Mercedes plutôt qu’une voiture française à bas prix. Quand tu veux quelque chose de bien, tu investis », assène-t-il.

Peu avant l’ouverture du magasin, il a été rejoint par quelque 300 accros, pour la plupart des jeunes et des hommes férus d’informatique.

Rien à voir toutefois avec l’engouement observé lors de l’ouverture en novembre à Paris de cette première boutique française d’Apple, au Carrousel du Louvre, où s’étaient ruées des milliers de personnes.

À Montpellier, où se trouve la seule boutique en province de la firme à la pomme, une soixantaine de personnes seulement étaient venues à l’ouverture découvrir la nouvelle tablette.

À l’intérieur de l’Apple Store parisien, le scénario orchestré par Apple pour le lancement de son nouveau produit phare hors des États-Unis est bien rôdé. Les vendeurs, arborant t-shirt bleu et badge blanc autour du cou, siglés iPad, saluent l’entrée de chaque client de hourras et d’applaudissements.

« C’est un show à l’américaine. Quand tu arrives à l’intérieur, tout est fait pour que tu sortes ta carte bleue », résume Reda, un jeune cadre impeccable dans son costume, qui admet toutefois être arrivé à 04 h 30 pour acheter son « joujou ».

Erik Coolen, un professeur de 56 ans venu de Hollande, où la tablette devrait être commercialisée à partir de juillet, est pressé de tester la nouvelle machine.

« Apple fait partie de mon univers professionnel et familial. C’est aussi le moyen de rester en contact avec mes étudiants et de comprendre leur langage et leur univers, » s’enthousiasme-t-il, après avoir passé la nuit sur le trottoir pour la « petite merveille ».

Bien qu’existant depuis de nombreuses années, les tablettes tactiles multimédia restaient jusqu’à présent des appareils hybrides, assez confidentiels, destinés essentiellement aux mordus des nouvelles technologies.

Selon l’institut d’études GfK, entre 400 000 et 450 000 tablettes internet devraient être vendues en France d’ici fin 2010, dont une très large majorité d’iPad.

Aux Halles, la Fnac, qui a annoncé une « ouverture exceptionnelle » de son rayon informatique une heure plus tôt, est encore quasi déserte en début de matinée. Seule une vingtaine de curieux se précipitent vers les modèles exposés.

« Je suis surpris par le peu d’affluence. je pensais que ça allait être la cohue », confie l’un d’entre eux.

Quelques couloirs plus loin, le magasin Darty, qui commercialise aussi l’iPad, est encore fermé.

Boulevard Haussman (VIIIe arrondissement), dans le magasin d’informatique Surcouf, quelques personnes s’intéressent à la fameuse tablette. « On n’a pas beaucoup vendu depuis ce matin », confie un vendeur sous couvert d’anonymat.

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